Aux sources du judaïsme (2/3): la Kippa


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Aux sources du judaïsme (2/3): la Kippa
La kippa n'a pas de valeur hiérarchique, elle est une obligation pour tout homme juif, peu importe son degré de religiosité. (CC-BY-David Berkowitz)
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

Pourquoi les juifs portent-ils une kippa ? La portent-ils tous ? Quand doivent-ils la porter? Le Grand Rabbin de Bruxelles Albert Guigui nous éclaire à ce sujet.

Aux sources du judaïsme avec le Grand Rabbin Albert Guigui
La kippa n'a pas de valeur hiérarchique, elle est une obligation pour tout homme juif, peu importe son degré de religiosité. (CC-BY-David Berkowitz)

La kippa n'est pas un signe de position hiérarchique

La Kippa est un signe d’identification et d’appartenance. Elle marque l’adhésion à un cadre, à un mode de vie et de pensée. Ce morceau de tissu porté sur la tête a une grande force symbolique, à l’instar d’un drapeau qui incarne la force et la puissance d’un État libre et indépendant.

Le port de la Kippa (traduction : calotte) n’a cependant pas de signification hiérarchique. C’est une obligation religieuse qui incombe à tout Juif, quel que soit son niveau de religiosité. «Il est interdit de marcher quatre coudées tête découverte 1 » est-il écrit dans le Choulhan Arouch (= code de lois juives).

Aux sources du judaïsme avec le Grand Rabbin Albert Guigui
Le Grand Rabbin Albert Guigui (DR)

La kippa invite à se conformer à la volonté divine ...

Mais, en dehors de ce signe d’appartenance, la Kippa est une marque d’humilité. Elle témoigne, pour celui qui la porte, de l’existence d’une force supérieure omniprésente à laquelle il se soumet constamment et volontairement.

La Kippa est une invitation permanente à harmoniser le comportement humain avec la volonté divine.

Grand Rabbin Guigui

La Kippa est aussi un rappel constant et une incitation perpétuelle à accomplir les commandements divins. Elle est, comme d’autres signes religieux tels que la circoncision ou le châle de prière, une invitation permanente à harmoniser le comportement humain avec la volonté divine.

... et à l'exigence éthique de la foi!

La Kippa fixe enfin des limites à l’individu. Nous vivons une période où les progrès scientifiques évoluent à pas de géant. La science fait des découvertes chaque jour, les unes plus audacieuses que les autres. Les médecins réussissent des prouesses remarquables.

La position du judaïsme face à ces progrès incessants est claire. Le judaïsme dit oui à la science, oui au progrès. Mais il rappelle cependant que « science sans conscience n’est que ruine de l’âme». Et affirme constamment que les découvertes scientifiques doivent être canalisées par une éthique et une morale pour éviter que cette science ne devienne l’ennemie de l’homme.

La Kippa vient donc nous rappeler cette limite à ne pas dépasser. Nous encourage à rester fidèles à cette exigence d’éthique. Elle demande à l’homme de garder son humilité et surtout de faire un usage positif de ce que l’intelligence humaine lui permet de réussir. Elle lui rappelle qu’au-dessus de sa tête, il y a toujours Dieu, une morale et une éthique à respecter.

Aux sources du judaïsme avec le Grand Rabbin Albert Guigui
Kippas en carton destinées aux touristes. (CC-BY-Bgabel)

A chacun sa kippa

Le port de la Kippa est recommandé dès le plus jeune âgé pour habituer l’enfant à cet usage. Concernant la taille, il n’y a pas de règle. Il faut qu’elle couvre la tête partiellement. Si sa couleur importe peu, le motif arboré doit être décent ou en relation avec un objet de culte. Toutes les matières sont acceptables : tissu, cuir, papier carton. Pas d'exclusivité non plus pour sa fabrication : tout le monde peut les fabriquer sans aucune distinction, juif ou non-juif. On en trouve à la vente un peu partout mais essentiellement dans des librairies juives et les magasins qui vendent les objets de culte.

S.D. en collaboration avec le Grand Rabbin Albert Guigui


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