Depuis dimanche dernier, le pape François a rendu visite à Budapest (Hongrie) et à la Slovaquie pour un voyage de quelques jours. François a répondu à quelques questions des journalistes dans l'avion le ramenant d'Europe centrale ce 15 septembre.

Hommage aux Pères Fondateurs de l'Europe
Interrogé sur la brièveté de son passage dans la capitale hongroise, où le pape s'est déplacé pour la clôture du Congrès eucharistique international, François relève: "Il y a tellement de valeurs des Hongrois, j'ai été frappé par le sens de l'œcuménisme avec une grande, grande profondeur." Plus globalement pour le pape, "l'Europe doit reprendre les rêves de ses pères fondateurs. L'Union européenne n'est pas une réunion pour faire des choses, il y a un esprit derrière l'UE dont Schuman, Adenauer, De Gasperi ont rêvé. Il y a un risque qu'elle ne soit qu'un bureau de gestion, et ce n'est pas bon, elle doit aller jusqu'à la mystique, chercher les racines de l'Europe et les faire avancer. Et tous les pays doivent aller de l'avant. Il est vrai que certains intérêts, peut-être pas européens, tentent d'utiliser l'Union européenne à des fins de colonisation idéologique, et ce n'est pas bon."
Le voyage apostolique du pape s'inscrit dans un contexte sanitaire évidemment compliqué. Dans de nombreux pays européens, dont la Slovaquie, le débat fait rage entre pro et anti-vaccination. Un journaliste a donc interrogé le Saint Père comment se réconcilier sur cette question. Le successeur de Pierre rappelle : "l'humanité a une histoire d'amitié avec les vaccins : rougeole, polio... peut-être que cette virulence est due à l'incertitude, pas seulement de la pandémie. Il y a la diversité des vaccins et aussi la réputation de certains vaccins qui sont un peu plus que de l'eau distillée, et cela a créé une crainte. Il y en a d'autres qui disent que c'est un danger parce qu'ils disent qu'avec le vaccin on reçoit le virus en soi." Le pape François reconnaît qu'au sein même du Vatican, la question fait rage: "Même dans le collège des cardinaux, il y a des négationnistes, et l'un d'entre eux, le pauvre, est hospitalisé avec le virus. L'ironie de la vie. Je ne peux pas bien l'expliquer… Certains disent que les vaccins ne sont pas suffisamment testés. Il faut que ce soit clair: tout le monde au Vatican est vacciné, à l'exception d'un petit groupe qui fait l'objet d'une étude pour l'aider."

(Capture d'écran d'une retransmission KTO)
Un journaliste américain revient sur le débat dans son pays autour de l'accès à la communion pour ceux qui tolèrent l'avortement, en soutenant l'adoption de lois le permettant. Le pape précise en premier lieu: "La communion n'est pas une récompense pour les parfaits - pensons au jansénisme - la communion est un don, un cadeau, c'est la présence de Jésus dans l'Église et dans la communauté." François insiste ensuite sur le fait que "l'avortement, c'est plus qu'un problème, c'est un meurtre." Toutefois, le pape encourage à aborder ce débat autour de la communion des politiciens sous un angle pastoral, et non théologique pur. "Si nous regardons l'histoire de l'Église, nous verrons que chaque fois que les évêques n'ont pas géré un problème en tant que pasteurs, ils ont pris parti sur un versant politique." A une autre question sur la demande européenne d'une reconnaissance du mariage homosexuel par la Hongrie, le pape répond encore en appelant à une grande compréhension pour ces hommes et femmes qui ont une orientation sexuelle différente. Il conclut ainsi: "mais s'il vous plaît, ne faites pas renier sa vérité à l'Église. De nombreuses personnes d’orientation homosexuelle s'approchent d'une démarche de pénitence. Elles demandent conseil au prêtre, l'Église les aide à aller de l'avant dans leur vie, mais le sacrement du mariage, c'est autre chose."
AF de Beaudrap (sur base de la traduction Vatican News)
