Sport et religion : l’humain au centre


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Sport et religion : l’humain au centre
Par Sarah Poucet
Publié le - Modifié le
3 min

En 2017, les représentants des cultes, de la laïcité et des institutions sportives s’alliaient autour d’un texte commun « Le sport, l’esprit de l’humanité ». Quatre ans après, le Panathlon Wallonie-Bruxelles a organisé un webinaire pour réunir ces acteurs mais aussi écouter les sportifs.

Si la place de la religion dans notre société est régulièrement débattue, il est également intéressant d'examiner les interactions au sein du milieu sportif. Ainsi, une première réunion organisée en 2016 avait permis de réunir les différences confessions reconnues en Belgique, la laïcité et les institutions du sport belge pour faire un état des lieux de la relation existant entre le sport et les convictions religieuses. Cette réflexion a abouti à la présentation en mars 2017 du texte de la Déclaration « Le sport, l’esprit de l’humanité » dont chaque signataire s’est engagé à faire la promotion dans sa communauté. Le point essentiel de ce texte est de s’assurer que chaque personne présente au sein de « l’espace sport » se conforme aux règles du sport « sans mettre en exergue ses convictions philosophiques, de façon ostentatoire et intolérante, de quelque manière que ce soit ». Plus récemment, une organisation, le Sport Consilium, a été créée pour mettre en œuvre la déclaration et rendre des avis sur demande des fédérations ou des affiliés.

Le Panathlon Wallonie-Bruxelles, qui promeut le Fair-Play et les valeurs positives du sport, était à l’origine de ces démarches et du webinaire de ce 23 juin intitulé : « Interactions entre sport et religion, réalités de terrain ? ». L’idée était, en effet, de permettre à différents sportifs de partager leurs témoignages. Le boxeur professionnel Mohamed el Marcouchi a ainsi expliqué l’importance pour lui d’avoir Dieu à ses côtés. Sa religion lui a enseigné certaines valeurs comme le partage, qu’il tente de transmettre au sein de la salle de boxe qu’il a créé. Luis Garcia Martinez, entraineur et arbitre de rugby, a été confronté à une joueuse qui souhaitait porter son voile. C’était nouveau pour lui mais cela n’a pas posé de problème, le règlement est adaptable aux différentes situations. « La communication entre le joueur et le coach est très importante. » a-t-il souligné. Peu importe la culture ou la religion, tous partagent la passion du sport et se réunissent autour de ces valeurs. Hana et Alla Alayyan, toutes deux créatrices de A.M.A Jeunesse gym ont témoigné du travail d’inclusion qu’elles effectuent au sein de leur club. Prônant la différence pour rendre notre société plus tolérante, elles ont évoqué une phrase très parlante que leur mère leur répétait souvent : « Les jardins le plus beaux sont ceux qui contiennent des fleurs de différentes couleurs. »

A travers toutes ces histoires de terrain, tous se sont accordés sur les valeurs humaines du sport, également présentes au cœur des religions. La tolérance, en particulier, doit être préservée pour inclure tout en chacun, quelque soit sa confession. Le but est aussi d'éviter des épisodes vécus dans le passé ou certains sportifs ont fait le choix de ne pas participer à des compétitions ou rendez-vous sportifs car cela rentrait en concurrence avec leur pratique religieuse.

Sarah Poucet

Catégorie : Belgique

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