Saint-Siège et Royaume Uni : 30 ans de relations diplomatiques


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Saint-Siège et Royaume Uni : 30 ans de relations diplomatiques
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Une délégation britannique effectue en ce moment une visite officielle au Vatican ces 14 et 15 février, à l’occasion du 30e anniversaire de l’établissement de relations diplomatiques pleines et entières entre le Saint-Siège et le Royaume Uni, en 1982, et au moment où la reine Elizabeth II fête ses 60 ans de règne. Une visite qui intervient un an et demi après le voyage de Benoît XVI en Grande Bretagne, en septembre 2010, à l’occasion de la béatification du cardinal John Henry Newman. Dans un discours percutant, la ministre britannique chef de la délégation, Sayeeda Warsi (photo), a appelé les européens à renforcer l'identité du continent, s'inquiétant de la sécularisation militante en Europe.

La ministre sans portefeuille Sayeeda Warsi représente le Premier ministre conservateur David Cameron. Cette musulmane d’origine pakistanaise est accompagnée de six autres membres du gouvernement, dont le ministre de la culture Jeremy Hunt. L’archevêque de Westminster, Mgr Vincent Nichols est aussi présent. Devant les membres de l’Académie pontificale ecclésiastique, la très docte école des nonces, et le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, la chef de délégation a prononcé un discours sur "la place de la religion dans le débat politique actuel". Mme Warsi a appelé les nations de l’Europe à renforcer l’identité du continent. Devant un parterre de prélats, de futurs nonces apostoliques et de diplomates, Sayeeda Warsi s’est inquiétée de la "marginalisation de la religion" en Europe. Et de citer comme preuve le fait que le préambule de la Constitution européenne ne contienne pas un mot sur la chrétienté. "Dans plusieurs parties de l’Europe, a-t-elle constaté, on a cru à tort qu’il était en quelque sorte nécessaire de devenir moins religieux ou moins chrétiens pour recevoir des personnes venant d’ailleurs".
Mais Sayeeda Warsi s’en est surtout pris à ceux qui s’opposent à la religion et qui ont recours à "un vocabulaire d’intolérance séculariste". "Un sécularisme agressif est en train d’être imposé insidieusement", a prévenu la responsable britannique avant d’affirmer que cette "sécularisation militante" avait des "traits similaires à ceux des régimes totalitaires", où l’on "refusait aux gens leur identité religieuse". "La réponse à cette sécularisation militante est simple", et consiste à "raffermir nos croyances, repousser l’intolérance et réaffirmer les bases religieuses sur lesquelles sont fondées nos sociétés". La ministre a aussi invité à se rendre compte que "le pluralisme n’est pas une menace à la tradition".
"Afin d’assurer à la religion sa place dans la sphère publique, (…) les personnes doivent se sentir plus fortes dans leur identité religieuse, plus confiantes dans leur croyance", a affirmé la représentante du Premier ministre David Cameron. Et d’appeler les individus à "ne pas édulcorer leur foi" et les nations à "ne pas nier leur héritage religieux". En particulier, "l’Europe doit avoir davantage confiance dans son caractère chrétien" et ne pas faire "l’erreur d’essayer d’effacer" cet héritage. Pour étayer son raisonnement, Sayeeda Warsi a alors salué le rôle du christianisme dans la lutte contre le communisme, la pacification de l’Irlande du Nord et, plus récemment, son aide après le tremblement de terre en Haïti, les inondations au Pakistan et la sécheresse dans la Corne de l’Afrique.
"Le dialogue interreligieux échoue là où les religions sont nivelées par le bas afin de trouver un terrain commun" et "il réussit lorsque l’on débat de nos différences", lorsque l’on affiche ses convictions, a aussi déclaré la ministre dans sa longue allocution. "Un langage commun entre les croyances risque d’affaiblir la diversité et l’intensité de nos religions respectives". A l’inverse, selon elle, la Constitution apostolique Nostra Aetate du Concile Vatican II "n’était pas un signe de la faiblesse de la foi de l’Eglise mais un signe de sa force".

Le chef de la diplomatie vaticane Mgr Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, a rappelé l'importance du christianisme dans les sociétés occidentales. Regrettant que les sociétés occidentales cherchent souvent à confiner le christianisme à la sphère privée, le chef de la diplomatie vaticane s’est dit convaincu que, sur le long terme, l’exclusion et la marginalisation de la religion ne pouvaient que nuire à la culture et, par conséquent, à la société elle-même. " l’exclusion et la persécution de la religion peuvent conduire à des niveaux de violence et de souffrance impensables." "La religion n’est pas un danger pour la société", a-t-il renchéri. Au contraire, elle apporte une base permettant d’assurer aux fidèles d’autres religions d’être traités avec le respect qui leur est dû. Elle permet que les droits de l’homme soient pleinement garantis".

Apic/imedia/zenit/bl

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