Une toile de Sainte-Catherine bientôt flamboyante


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Une toile de Sainte-Catherine bientôt flamboyante
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
2 min

C'est à la suite d'un accident que la restauration du tableau du maître-autel de l'église Saint-Antoine-et-Sainte-Catherine a été entreprise dans la cité ardente.

La restauration de l'œuvre monumentale (6,30 mètres sur 3,40 mètres) est menée sur place, vu son piètre état et sa taille. Noyée sous les couches de vernis crasseux, cette toile ne constitue pas seulement l’œuvre maîtresse de la carrière de Théodore-Edmond Plumier. Elle est également restée pendant plus de trois siècles dans son lieu d’origine, l’église Saint-Antoine-et-Sainte-Catherine.

Un effondrement dramatique

Emportée par son propre poids, l’œuvre, ornant le maître-autel du chœur, s'est détachée de son châssis en 2018. En s’effondrant, elle s'est déchirée en de nombreux endroits : près de dix mètres au total. Dès sa mise à plat, il apparaît qu'elle est faite d’une seule toile, sans une seule couture. Le métier à tisser d’origine devait donc être énorme ! À peine les premiers essais de nettoyage entrepris, nouvelle surprise : le visage de sainte Catherine, au centre de l’œuvre, est resté intact, les angelots réapparaissent et c’est toute la flamboyance des couleurs et la nuance des drapés qui retrouvent leur vie d’antan. Parmi les difficultés de la restauration, il s'agit de veiller à la réversibilité des opérations effectuées. Personne ne connaît à long terme la réaction des produits synthétiques utilisés actuellement, qu’il s’agisse des vernis protecteurs qui redonnent de la profondeur aux couleurs ou des retouches de couleurs elles-mêmes.

Un joyau baroque

L'édifice-écrin du XIIe siècle a pour particularité de ne pas avoir été érigé sur une place ou sur un promontoire, mais étroitement encastré dans son quartier ligeois, maçonné à d’autres bâtiments. Il se trouve d'ailleurs à peine visible dans la rue en Neuvice, à la manière des églises baroques italiennes. Reconstruite au XVIIe en style baroque, l'église Saint-Antoine-et-Sainte-Catherine a été intégrée au musée d'Art mosan et d'Art religieux, après avoir été désacralisée. Sa façade et son orgue ont été précédemment classés et restaurés, l’intérieur de l’église étant en cours de classement et la toile de Plumier répertoriée comme Trésor de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est donc l’ensemble du site qui retrouvera bientôt sa pleine cohérence baroque. Et cela, pour le plus grand bonheur des Liégeois qui, depuis le début du chantier, ont régulièrement l’occasion de discuter avec les restauratrices des étapes et subtilités de leur travail. Deux années de travaux sont encore annoncés avant la finalisation du projet mené, notamment, grâce au soutien généreux du Fonds David-Constant, géré par la Fondation Roi Baudouin.

AT


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