Grégoire Delacourt nous fait virevolter dans l’actualité de notre monde et les passions de ses héros au rythme d’une prose qui oscille avec poésie entre colère et espoir.
Pierre et Louise ont un enfant pas comme les autres, Geoffroy, treize ans. Pierre ne comprend pas ce garçon singulier qui refuse d’être touché, classe tout par couleur, retient tout ce qu’il lit, en silence. Il se sent incapable de l’aimer. Il lui faut trouver des responsables à son chagrin et à ses échecs professionnels. Il va trouver dans le mouvement des gilets jaunes un certain réconfort auprès de ses copains d’infortune et un exutoire à sa colère.
Sa femme, Louise, est infirmière dans un service de soins palliatifs, aussi dévouée et bienveillante avec ses malades qu’avec son fils. La mort, c’est sa vie et elle la rend la plus douce possible. Quand Pierre oblige Geoffroy à jeter un cocktail molotov sur un bâtiment public, Louise le quitte, épuisée par la violence de son mari et déterminée à protéger son fils.
Geoffroy est rejeté par les jeunes du collège et du quartier. Seule Djamila, quinze ans, est charmée par la pureté et le caractère lunaire du jeune garçon. Un lien se noue, qui entraîne bientôt les deux adolescents sur le territoire inconnu de l’amour et les conduit à se réfugier dans la forêt, à l’abri de la violence du monde. Homme des bois solitaire et généreux, Hagop leur apprend les noms des arbres et les chants des oiseaux, faisant de sa cabane un refuge accueillant.
En ce temps de Covid 19 où nous devons gérer l’incertitude de la crise en posant de nouveaux repères, Un jour viendra couleur d’orange, titre tiré d’un poème d’Aragon, nous offre une explosion de couleurs de sentiments dans un récit de passions, d’humanité, de désillusions et d’espoir.
Seule réserve, à vouloir peindre trop de thèmes résolument contemporains et criants de vérité, le roman perd un peu en justesse. On se laisse néanmoins séduire par la beauté de la plume de Grégoire Delacourt et le réalisme saisissant de cette tendre histoire. Un roman social plein d’humanité.
Martine VAN DERTON,
CDD Arlon
Grégoire Delacourt, "Un jour viendra couleur d’orange". Grasset, août 2020, 272 pages – 20,40€ (+ frais de port) - Remise de 5% sur présentation ou évocation de cet article.

