Cinéma – Dans les secrets de l’histoire allemande


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Cinéma – Dans les secrets de l’histoire allemande
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

En défendant un homme accusé de meurtre, un jeune avocat découvre les failles de la justice de son pays. L’affaire Collini revient sur le plus gros scandale juridique de l’histoire allemande.

Dans une chambre d’hôtel, à Berlin, un homme assassine sauvagement Hans Meyer, un industriel de la haute société allemande. Il redescend dans le hall d’entrée et avoue calmement son crime. Quelques jours plus tard, le jeune avocat Caspar Leinen est commis d’office pour assurer sa défense. Mais l’homme, Fabrizio Collini, refuse d’expliquer son geste. Face au mutisme de son client, Caspar se lance dans des recherches. Il veut tenter de comprendre ce qui a mené cet ancien ouvrier de chez Mercedes à s’en prendre au respecté octogénaire. Un homme qu’il a lui-même connu lorsqu’il était enfant et qui lui a permis de devenir l’avocat qu’il est aujourd’hui. Mais en fouillant le passé, Caspar va découvrir des secrets inavouables sur celui qui a été un père pour lui. Et comprendre que Collini est loin d’être déséquilibré.

Classique et efficace
Ce thriller allemand est tiré du roman de Ferdinand Von Schirach, paru en 2011. L’auteur, également criminaliste, y dénonce les vices de procédures dans la justice allemande. Il parle surtout de l’impunité des coupables nazis qui n’ont jamais été jugés, grâce à des lois édictées en leur faveur. Le film reprend les mêmes thèmes, pour exposer de façon didactique ces injustices. De facture classique, il utilise à bon escient l’archétype de l’avocat inexpérimenté. Caspar Leinen, jeune homme bien sous tous rapports, issu d’un milieu modeste, transpire l’honnêteté et la droiture morale. En face de lui, son ancien professeur, ténor inflexible, joue de son pouvoir. Et s’avère nettement moins irréprochable que ne le laissaient supposer ses belles manières. On s’attache donc facilement au jeune homme, tandis qu’on découvre, en même temps que lui, les raisons pour lesquelles Fabrizio Collini en veut tellement à Hans Meyer. L’identification fait son travail et on se laisse porter par l’enquête, certes prévisible, mais néanmoins intrigante.
Ce sujet qui pouvait paraître ardu au départ s’articule donc autour d’une histoire personnelle. L’aspect humain surgit derrière les formulations compliquées des livres de droit. Le jeune avocat se remémore sa jeunesse, questionne ses motivations. Il découvre naïvement que ni la justice ni les hommes ne sont infaillibles. Sa quête permet également d’aborder une page sombre de l’histoire allemande. La question du nazisme est monnaie courante au cinéma mais on en apprend toujours, chaque destin étant unique. L’héroïque avocat se rend ainsi en Italie, pour dénicher d’autres témoins. Il remue ciel et terre pour aider son client, en nous embarquant toujours dans une nouvelle direction. L’imbrication de l’enquête avec des éléments historiques, vus au travers de flashbacks, achève donc la construction d’un récit prenant. Même si le film est relativement long, L’affaire Collini ne donne jamais l’impression de s’étirer. Il manque peut-être d’un peu de légèreté mais il évite, en tout cas, le côté statique qu’ont parfois les films de procès.

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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