« Question d’enfant » – La rubrique de Luc Aerens « Mes parents ne peuvent pas communier ? »


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« Question d’enfant » – La rubrique de Luc Aerens  « Mes parents ne peuvent pas communier ? »
Priest celebrate mass at the church and empty place for text
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Le groupe d’enfants se rassemble comme chaque mois. Cette fois, le prêtre qui supervise la catéchèse a décidé de parler aux enfants des sept sacrements.
Tout se passe pas trop mal avec la présentation du baptême, de la confirmation, de l’eucharistie, de la réconciliation, du sacrement des malades et du sacrement de l’ordre.

Les sacrements sont à vivre
L’expression "pas trop mal" se justifie du fait que cette catéchèse est uniquement verbale et que beaucoup de mots et concepts utilisés passent largement au-delà de la compréhension et de l’intérêt des enfants. Tout le monde n’a pas la fibre pédagogique!
Pourtant, les sacrements offrent une voie royale pour la pédagogie catéchétique. Car ils sont tous vécus (ou à vivre) par tous les sens: la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût. Il y a tellement d’actions à voir et à pratiquer, de paroles fortes à entendre. On se met debout (la position du ressuscité), on avance au milieu d’un peuple en marche, on ouvre sa vie en présentant ses mains et on goûte comme est bon le Seigneur. On est plongé dans son amour. Il parfume notre vie lorsque notre front est offert. Notre corps malade est touché par le signe de la croix et l’huile fortifiante. On entend et on voit le pardon de Dieu, on goûte sa Parole de tendresse et de réconfort. Il ne cesse de confirmer son amour. Il appelle à servir.
Le cardinal Danneels avait réalisé un chef-d’œuvre en la matière en publiant, avec l’aide d’Iny Driessen, un livre de foi pour les enfants consacré aux sacrements qu’il avait intitulé Les sept doigts d’une main, avec des centaines de photos, tant de la vie de tous les jours que des célébrations sacramentelles. (Ed. Fidélité - 2003).

Faire l’expérience du Mystère
Les Pères de l’Eglise déjà, ces grands théologiens des premiers siècles du christianisme, avaient compris et mis en œuvre le fait que les catéchèses d’initiation sacramentelle les plus opératoires étaient celles qui permettaient d’entrer dans le mystère (d’où l’expression "catéchèses mystagogiques") expérience faite, ayant vu, entendu, participé aux sacrements, touché de près, bien sûr sans tout comprendre, l’action de Dieu pour chacun de nous. "Vous avez entendu… Vous avez vu… Vous avez fait…" disait Cyrille de Jérusalem (mort en 386).

Connaître et aimer les personnes
Le problème se posa surtout lorsque le prêtre, de bonne foi bien entendu, aborda le sacrement de mariage. Il insista lourdement sur le fait que pour les personnes qui sont remariées: interdiction de communier. "Mais alors, mes parents… Mes parents ne peuvent pas communier?" se questionna un enfant effondré. Il fait partie d’une famille dont les parents remariés, des chrétiens pratiquants, engagés dans la paroisse, initiant leurs enfants à la prière, à l’amour du prochain… communient à chaque eucharistie.
L’enfant est effondré et il n’est pas le seul. Plusieurs sont dans le cas. Les catéchistes sont médusés, car eux connaissent les familles. Malheureusement le prêtre pas! Il aurait, on peut l’espérer, abordé autrement le sacrement de mariage, même sans avoir la fibre pédagogique, s’il avait au moins un peu connu les enfants et leurs familles. Finalement, enfants et catéchistes n’ont retenu de cette catéchèse que l’intransigeance et la dureté d’une institution légaliste. L’extrême inverse de la raison d’être des sacrements: vivre l’action bienfaisante de Dieu. Dommage pour ce groupe! Les catéchistes en ont pleuré. Et dans les familles…

Catégorie : L'actu

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