On prête parfois au Souverain pontife d’user de propos tranchés sur certains sujets. Ce fut le cas lors des vœux prononcés au Vatican devant les Ambassadeurs auprès du Saint-Siège. La presse mondiale a fustigé les propos de Benoit XVI qui aurait déclaré que « le mariage gay menace l’humanité ». The Guardian, L’Osservatore Romano et Radio Vatican viennent de jeter un pavé dans la mare en révélant que les propos prêtés au pape avaient été tronqués.
En fait, l’information serait partie de l’interprétation déformée donnée par un journaliste d’une agence internationale immédiatement après la rencontre. Très vite, de nombreux médias ont répercuté cette tromperie en affirmant que le Pape avait dénoncé "le mariage homosexuel comme une menace pour la civilisation occidentale", créant une polémique qui n’a cessé d’enfler.
Le journaliste britannique Andrew Brown a été le premier à dénoncer, dans le quotidien “The Guardian”, des « mystifications » dans la façon de rapporter les paroles de Benoît XVI. Il signale notamment que « dans le discours adressé par Benoît XVI, le 9 janvier, au corps diplomatique, il n’y a pas un seul mot sur le mariage homosexuel ». En fait, le pape a déclaré que « les politiques qui portent atteinte à la famille menacent la dignité humaine et l’avenir même de l’humanité. Il a présenté la famille comme « un des lieux primordiaux de l’éducation des jeunes, rappelant qu’elle était fondée sur le mariage d’un homme avec une femme », estimant qu’il ne s’agissait pas « d’une simple convention sociale, mais bien de la cellule fondamentale de toute société ».
Cet article a été repris par l’Osservatore Romano tandis que Radio Vatican a souligné le vrai centre de la préoccupation de l’Eglise, à savoir la défense de la famille. Benoît XVI n’a donc pas durement condamné le mariage entre homosexuels, comme certains l’ont écrit. Et la radio vaticane de rappeler aussi les autres sujets abordés dans ce discours aux ambassadeurs :« Le Pape a parlé des cellules souches, de l’avortement, des conflits dans le monde, des attaques contre les chrétiens, du chômage des jeunes et surtout de la crise économique et financière, en invitant, à ce propos, à réfléchir sur l’existence humaine et sur l’importance de sa dimension éthique, à ne pas se limiter à endiguer les pertes individuelles ou celles des économies nationales, mais à se donner de nouvelles règles au bénéfice de la communauté dans son ensemble».
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