
Une icône de Notre Dame des Douleurs – Consolatrice du peuple syrien parcourt toute la Syrie pour un pèlerinage pour la Paix durant plusieurs mois. L’icône est en ce moment à Homs, la ville où vivait le jésuite-martyr Frans van de Lugt.
Le 15 septembre dernier, fête de Notre Dame des Douleurs, le pape François avait béni à Rome une nouvelle icône consacrée à la Consolatrice du peuple syrien. Depuis lors, cette icône parcourt la Syrie dans un long pèlerinage pour la Paix. L’idée est de prier pour la paix devant elle à plusieurs endroits de ce pays dévasté. Ce pèlerinage – initiative de l’association Aide à l’Église en Détresse – est coordonné, entre autre, par le moine-prêtre Charbel Eid, qui fut prieur jusqu’à peu de la communauté de l’ordre maronite libanaise de Saint-Charbel à Bois-Seigneur-Isaac (près de Braine-l’Alleud).
Carte de prière
"Malgré toutes les tentatives de paix depuis l’éclatement de la guerre en mars 2011, le peuple syrien souffre encore toujours", explique le père polonais Andrzej Halemba, coordinateur des opérations de secours d’Aide à l’Église en Détresse en Afrique et en Asie. "Nous essayons de soulager les Syriens avec de l’aide d’urgence et des projets pastoraux, et nous soutenons toute initiative qui peut mener à la paix. Le soutien financier de nos donateurs nous est bien évidemment extrêmement utile, mais n’oublions pas non plus de prier pour la paix. C’est pourquoi nous organisons ce pèlerinage. Il y a moyen de s’associer à la prière des Syriens sur notre site." Aide à l’Église en Détresse distribue également une carte de prière* avec cette belle icône.
Élan œcuménique
Le pèlerinage avec l’icône Notre Dame des Douleurs – Consolatrice du peuple syrien a commencé à Damas. De fin septembre à la mi-novembre, elle y a été installée successivement chez les grecs-melkites, les maronites, les syriaques-orthodoxes, les arméniens-catholiques, les arméniens-orthodoxes, les frères mineurs et les frères capucins. "À l’origine, il s’agissait d’une initiative catholique avec une icône écrite par un prêtre grec-orthodoxe, dit le père Halemba, mais le pèlerinage a vite pris un élan œcuménique, à tel point que nous en modifions encore régulièrement le programme, parce que l’une ou l’autre église orientale veut s’y associer en accueillant à son tour l’icône".
Les organisateurs se réjouissent notamment que le diocèse de Hassaké (Église apostolique assyrienne de l’Orient) rejoigne le mouvement de prière, sans pour autant accueillir l’icône dans leur lieu de culte: la coutume de prier devant des icônes n’existe pas dans cette ancienne église orientale. Mais le pèlerinage devient ainsi de plus en plus un témoignage réel de la volonté de paix des chrétiens de Syrie "unis dans leur diversité". La démarche prendra d’ailleurs fin le dimanche de la Pentecôte – fête par excellence de l’unité chrétienne dans la diversité – à Alep où l’icône devrait arriver durant le carême.
Une œuvre de Spiridon Kabbash
Depuis le 5 janvier, celle-ci est à Homs, une ville dévastée au sud-ouest du pays. Il s’agit d’une étape importante du pèlerinage de paix. En premier lieu parce que l’écrivain de cette icône, le prêtre grec-orthodoxe Spiridon Kabbash, est lui-même originaire de Homs. Mais cette large région abrite aussi la Wadi al-Nasara (la vallée des chrétiens), où plusieurs villages sont essentiellement chrétiens.
Dans la ville d’Homs, l’icône a déjà été erigée dans la cathédrale syriaque-catholique, dans celle du diocèse de Homs et de Hama des Syriaques-orthodoxes, chez les sœurs catholiques des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie et chez les grecs-orthodoxes du patriarcat d’Antioche.
L’icône de Notre Dame des Douleurs – Consolatrice du peuple syrien quittera Homs après avoir été accueillie par les grecs-melkites de la ville. Ce weekend de la fête de la Chandeleur, elle est chez les Pères jésuites de Homs. C’est dans cette communauté ignatienne que résidait le jésuite néerlandais Frans van der Lugt. Celui-ci n’avait jamais voulu quitter la ville malgré toutes les menaces. Il a été assassiné à bout portant le 7 avril 2014. "C’est une grâce pour moi de loger où repose le corps du Père Frans", confie le Père Charbel Eid, tout ému. "La cause pour sa béatification a été ouverte en 2019, mais depuis, beaucoup de Syriens viennent déjà prier pour la paix sur sa tombe".
Benoit LANNOO
Le pèlerinage peut être suivi sur le site https://www.christiansofsyria.org/our-lady-of-sorrows-icon-peregrination-in-syria/
* La carte de prière peut être commandée en français via https://www.egliseendetresse.be/product/carte-de-priere-les-chretiens-persecutes/

