Le choix de nos libraires : « La voix intime d’une peine »


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Le choix de nos libraires : « La voix intime d’une peine »
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
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Eric-Emmanuel Schmitt s’est réfugié dans l’écriture pour suivre le chemin du deuil et redonner vie par les mots qu’il maîtrise si bien à sa maman partie brutalement.

Il y a des auteurs qui, par la beauté des mots et des sentiments exprimés, remplissent le vide et reconstruisent ce qui est défait ou disparu. Eric-Emmanuel Schmitt est de ceux-là. Dans la confession intime qu’est son dernier roman, il nous parle de l’amour indéfectible qu’il a pour sa maman et qui le lie à elle de façon immortelle au-delà de cette perte immense.
"Maman est morte ce matin et c’est la première fois qu’elle me fait de la peine." Cette émouvante lecture commence par l’expression puissante et fragile à la fois de la détresse du talentueux écrivain à la mort de sa mère. A peine ouvert, on pourrait déjà ressentir le besoin de fermer le livre et les yeux pour entendre et respecter son chagrin. Ce journal intime est ponctué de phrases sobres et profondes à épingler, que de généreux interlignes font résonner.
Pour la deuxième fois, EES comme l’appelle publiquement sa maman, nous parle de lui intimement. Il l’avait déjà fait dans La nuit de feu où il raconte sa rencontre avec Dieu dans le désert du Sahara. Une foi qui est née quand il avait vingt-huit ans mais qui ne l’aide pas dans son deuil. Sans pudeur, il nous livre sa tristesse qu’il voit comme une nouvelle forme d’amour pour sa maman. Ce magnifique récit ne parle pas que de lui, mais d’eux, d’un fils et sa mère reliés par un amour fusionnel. Il laisse couler ses larmes et nous fait entendre son absence, audible dans le silence. Ce n’est pas tant sa mère qui lui manque mais tout simplement elle, la personne qu’elle était et qu’il admire.
Ce journal qu’il tient pendant deux ans est un chemin thérapeutique qu’il emprunte pour poursuivre le dialogue avec elle, parce qu’il a besoin qu’elle vive! Il nous fait entendre sa voix intime et nous emmène sur la voie de l’apaisement et de la renaissance. Un Eric-Emmanuel Schmitt comme on l’aime et auquel on se sent liés par nos fragilités et nos faiblesses. Une lecture qui fait vraiment du bien.

Catherine VAN de MOORTELE, Librairie CDD Namur,
[email protected], 081/240 820.

Eric-Emmanuel Schmitt, "Journal d’un amour perdu". Albin Michel, septembre 2019, 256 pages - 21,60€ - remise de 5% sur présentation ou évocation de cet article.

Catégorie : Culture

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