Elections congolaises : et maintenant ?


Partager
Elections congolaises : et maintenant ?
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Le scrutin présidentiel et législatif en République Démocratique du Congo a déjà fait couler beaucoup d’encre et suscité de nombreuses réactions, dont certaines, hélas, violentes. On ne peut que le regretter. Il nous paraît important, sans porter de jugement sur le choix des Congolais, de revenir sur le Rapport préliminaire de la Commission Justice et Paix francophone de Belgique, qui avait déployé des observateurs lors des élections du 28 novembre dernier.

Organiser des élections en République Démocratique du Congo relève du défi titanesque. C’est un des préambules mentionné par la commission. De fait, dans un pays grand comme l’Europe occidentale, où les infrastructures routières et de transport sont encore déficientes dans certains endroits, il n’est guère aisé, non seulement d’assurer une organisation parfaite mais encore moins de vérifier si réellement les opérations de vote se sont déroulées correctement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 32 millions d’électeurs, 62.000 bureaux de votes, 11 candidats à la présidentielle et près de 19.000 pour les 500 postes de députés à pourvoir ! Avec pour corollaire des bulletins de vote qui, dans certaines régions, comportaient plus de… 50 pages !

Pour rappel, La Commission Justice et Paix Belgique francophone est une organisation active dans le domaine de l'éducation au développement et de l'éducation permanente. Elle a choisi de s’investir dans la mission d’observation organisée par EurAc, le réseau européen pour l’Afrique centrale, conjointement avec le réseau AETA (Agir pour des Élections Transparentes et Apaisées), plateforme de la société civile des ONG de la RDC.

Quel constat ?
La Commission signale que la motivation était réelle pour ces deuxièmes élections libres du pays, après celles de 2006. Le processus électoral s’étale jusqu’en 2013, puisque suivront les scrutins régionaux et communaux. Le rapport précise aussi qu’elle a rencontré, dans sa mission d’observation, des membres de bureaux de vote appliqués à la tâche, soucieux que tout se passe calmement et dans le respect des règles.

Pour Justice et Paix, ces règles d’application de la loi électorale n’ont pas été respectées parfaitement partout. « (…) A nos yeux, rien d’alarmant qui ne puissent influencer ou altérer le résultat final de ces bureaux observés ». Au-delà de sa mission d’observation, Justice et Paix formule aussi des recommandations afin que la suite du processus électoral congolais se déroule de manière apaisée et que les résultats soient acceptés, dans le calme. Prochainement, un rapport final sera produit par EurAc et AETA.

Eviter les dérives et respecter la population

La Commission Justice et Paix s’inquiète aussi des violences post-électorales et des affrontements qui pourraient encore survenir. Il faut effectivement s’inquiéter de toutes les dérives observées : « la sécurité des citoyens doit être assurée, certes, mais la population devrait avoir le droit de partager ses impressions et d’exprimer son désaccord », signale-t-elle. Et d’encourager les différentes parties impliquées dans ces élections « à faire preuve de maturité et de respect, en RDC comme ailleurs », allusion aux troubles et violences qui ont touché Bruxelles, Londres, Paris, Montréal, … »

Ce qui est sûr, c’est que ces élections, comme celles qui suivront, ont définitivement enraciné le processus démocratique dans ce pays où 60% de la population a moins de 25 ans. C’est un acquis indéniable. Aujourd’hui, il importe que les dirigeants, de la majorité comme de l’opposition, calment le jeu et évitent les discours enflammés qui ne conduiront qu’à l’affrontement et à des morts. C’est aussi au respect de sa population que se mesure la grandeur d’un homme d’Etat.

Retrouvez le texte de l'analyse de Justice et Paix

JJD

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie