Cinéma – Trois scénaristes en quête


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Cinéma – Trois scénaristes en quête
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Avec Notti magiche (Nuit Magique), le réalisateur Paolo Virzi se sert d’une enquête policière pour offrir une visite nostalgique des coulisses du cinéma italien d’il y a trente ans.

Aujourd’hui, on parle rarement du cinéma italien. Il a pourtant connu plusieurs périodes fastes qui ont inscrit des noms à consonance ensoleillée au panthéon des grands réalisateurs mondiaux. Tout le monde se souvient évidemment de Pasolini, Fellini, Rosselini… Mais le grand public a souvent oublié la dernière tranche de cinéastes dont un des derniers représentants, Ettore Scola, est décédé il y a trois ans. Le réalisateur italien Paolo Virzi (Folles de joie, L’échappée belle) répare cette amnésie en nous faisant revivre les dernières glorieuses années de son cinéma national. Son nouveau film, Nuits magiques réunit ainsi Monicelli, Risi, Scola, Scarpelli, des cinéastes incontournables il y a trente ans. C’est à cette époque, début des années nonante, que Paolo Virzi situe son intrigue. Il se sert de ses propres souvenirs, lui qui essayait alors de percer dans le cinéma à Rome, pour raconter l’histoire de trois jeunes scénaristes.
Tout commence donc en 1990. C’est l’été et la Coupe du monde de football passionne les foules. À Rome, au moment où Aldo Serena rate son penalty, une Maserati noire sombre dans le Tibre avec son occupant, Leandro Saponaro, célèbre producteur italien. Tandis que le pays se désole de la victoire argentine, la police enquête. Grâce à une photo prise plus tôt dans la soirée, les carabinieri identifient trois scénaristes qui pourraient être liés à ce tragique accident. C’est ainsi que le studieux cinéphile Antonino, l’exubérant Luciano et l’instable Eugenia se retrouvent au commissariat pour livrer leur version de la soirée. S’ensuit un long flash-back racontant la rencontre de ces trois jeunes scénaristes. Arrivés quelques jours plus tôt dans la capitale italienne en tant que lauréats du prestigieux Prix Solinas, ils ne se sont plus quittés.
Instantané de la Rome cinéphile
Alors que Luciano est appelé à écrire pour un grand réalisateur, Antonino, vainqueur du Prix, est recruté par le producteur. Quant à Eugenia, issue de la haute bourgeoisie romaine, elle peut compter sur les bonnes relations de son père pour mettre en place son futur film. Tous trois se retrouvent donc propulsés dans les bruits de machines à écrire, les cocktails mondains, et le bouillonnement de la ville de Fellini. Lequel est justement en train de terminer La voce della Luna. C’est donc à un véritable voyage dans le temps que nous convie Paolo Virzi. Il retranscrit l’ambiance de la ville, haut lieu culturel, tout en développant l’enquête sur la mort du producteur.
Léger et enlevé, Nuit magiques rend hommage aux derniers grands noms du cinéma italien, avec un humour un rien irrévérencieux. Paolo Virzi s’amuse des manies des cinéastes, de l’exubérance des actrices et producteurs qui l’ont formé. Même sans connaître les nombreuses références, parfois assez pointues, on peut donc apprécier l’initiation des trois larrons. Poétique, un rien mélancolique, Nuits magiques fait penser à un Woody Allen italien. C’est aussi une preuve que l’esprit de la Dolce Vita n’est pas mort!

Elise LENAERTS

Catégorie : Culture

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