L'archevêque catholique de Rangoun, Mgr Charles Bo, qui est aussi secrétaire général de la Conférence épiscopale de Birmanie, considère que la venue d'Hillary Clinton à Rangoun démontre l'ampleur des changements en cours dans le pays. Il ajoute que le chemin à parcourir vers un système véritablement démocratique demeure toutefois "substantiel".
"Afin de prouver sa sincérité sur la voie des réformes démocratiques, le gouvernement doit libérer les prisonniers politiques qui sont encore derrière les barreaux", estime l'évêque. En Birmanie, tous attendent que ces libérations se fassent avant les élections législatives partielles qui devraient avoir lieu au début de l'année 2012. L'Eglise souhaite également avoir la possibilité d'accéder aux zones de conflit dans le pays, afin d'apporter une aide humanitaire aux populations victimes des combats.
"Un plan de réconciliation nationale" reconnaissant les droits et les besoins des différentes communautés ethniques de Birmanie est nécessaire, affirme Mgr Charles Bo. Quant aux priorités à plus long terme, l'archevêque de Rangoun estime que si la paix est une condition préalable au développement du pays, un effort considérable doit encore être mené dans les domaines de l'éducation et de la formation. "Nous avons le désir de contribuer au développement du pays en donnant le témoignage de notre foi chrétienne", affirme encore l'évêque, prélat d'une Eglise qui réunit un peu plus de 1% de la population.
En Birmanie, où le bouddhisme hinayana (petit véhicule) est dominant (89% de la population), les Eglises chrétiennes représentent environ 4% de la population, principalement parmi les minorités ethniques, notamment les Karen, Kachin et Chin. Dans sa politique de lutte contre les insurrections ethniques armées, la junte birmane n'avait pas hésité à instrumentaliser la religion à des fins politiques, suscitant des oppositions entre chrétiens et bouddhistes pour mieux affaiblir certaines rebellions armées.
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