Livre : L’hommage d’une fille à son père


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Livre : L’hommage d’une fille à son père
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
2 min

C'est aux éditions l'Arbre à paroles, installées à Amay, qu'est né "Il ne portait pas de chandail", un premier roman au ton particulier et au propos intime.

Annick Walachniewicz n'hésite pas à qualifier ce texte d'autofiction, y voyant "un cheminement personnel pour trouver une histoire à cette non-histoire léguée de manière secrète". C'est, en effet, 12 ans après la mort de son père que l'artiste plasticienne apprend la détention de son père en camp de concentration durant la Deuxième guerre.

Un tabou

Devant un public de lecteurs réunis cet hiver, Annick Walachniewicz se qualifie de "briseuse de chaînes pour penser en amont de cette histoire". Elle est partie à la pêche aux indices disséminés dans la vie familiale, tous ces petites mots ou gestes qui trahissent l'innommable, la césure entre la vie en Pologne et celle en Belgique. Le refus de transmission d'un lignage prend sens après la révélation du secret de famille enfoui dans les limons de l'enfance. "Il ne portait pas de chandail" signe la reconstruction et une prise de possession d'une identité au fil des souvenirs familiaux et des silences paternels. Lorsque le secret éclate, tombent les oripeaux des faux-semblants. "Le livre est à côté de moi. Il est parti. Il vit sa vie", confie encore l'héritière, qui voit dans ce témoignage "une prise de distance nécessaire et un rapprochement progressif". Plongée dans l'étude de son passé, et celle du siècle précédent, elle trouve dans le rythme de la natation un exutoire. "La tête se maintient à fleur de liquide pour aspirer l'air." L'observation du monde revêt des allures poétiques, quand le voile des politesses ne disparaît pas pour évoquer la terreur des camps de concentration. "Vieillir me rend disponible aux présences fugaces", pointe encore l'orpheline apaisée.

Angélique TASIAUX

Annick Walachniewicz, "Il ne portait pas de chandail". L'Arbre à paroles, 2018, 185 pages.


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