Rémi sans famille sort cette semaine sur les écrans. Un classique, pour toute la famille, dans lequel le réalisateur a introduit une dimension féerique et insufflé de la modernité.
La période des fêtes de fin d’année voit souvent arriver son lot de films familiaux rassembleurs. Positifs et divertissants, ils font partie des traditions, presque autant que le sapin et la messe de minuit. Un peu en avance, Rémi sans famille entre parfaitement dans cette catégorie. Il n’est pas question de Père Noël, mais le caractère fédérateur convient à cette période de retrouvailles. Le titre du film vous dit peut-être quelque chose. C’est normal, car il s’agit d’une adaptation d’un roman du XIXe siècle: Sans famille de Hector Malot. L’histoire de ce petit orphelin a d’ailleurs déjà été adaptée dans une série animée que les petits et grands enfants des années 80 ont très certainement en mémoire.
Rémi sans famille est donc l’histoire d’un petit garçon d’une dizaine d’années. Recueilli bébé par une gentille paysanne, Rémi n’a jamais connu ses véritables parents et ignore tout de sa naissance. Peu importe, il passe la première partie de son enfance à courir dans les montagnes, entouré de l’amour de cette maman de substitution. Hélas, quand son mari, parti à l’étranger pendant toutes ces années, découvre qu’elle a gardé cet enfant, il voit rouge. A court d’argent suite à un accident de travail, il emmène le pauvre Rémi à l’orphelinat. En chemin, ils rencontrent un saltimbanque du nom de Vitalis (Daniel Auteuil) qui propose de s’occuper de Rémi en échange d’une belle somme d’argent. Au départ, malheureux de quitter sa chère maman, le jeune garçon va vite découvrir qu’il n’est pas si mal tombé que cela.
Nous suivons donc Rémi sur la route en compagnie de Vitalis, son chien Capi et son singe capucin Joli-cœur. Grâce à ses nouveaux compagnons, le petit gars va découvrir le sens de l’amitié, vivre des aventures rocambolesques et peut-être retrouver ses origines. Antoine Blossier, le réalisateur, a ici introduit une dimension féerique à l’histoire tout en lui insufflant de la modernité. La présence des deux animaux apporte son lot d’humour, tandis que Rémi se découvre un don pour le chant. Le jeune acteur, Maleaume Paquin, mérite d’être mentionné pour le professionnalisme avec lequel il s’est glissé dans ce premier rôle. Il est accompagné de Daniel Auteuil, émouvant patriarche au passé douloureux.
Du petit dernier au grand-père
Le périple de ce jeune héros donne, en plus, l’occasion de se promener dans des décors splendides. Le réalisateur est parti filmer en Occitanie, dévoilant le patrimoine et la nature sauvage de cette région peu représentée au cinéma. C’est d’ailleurs un des points forts de ce film renouant avec l’esprit des contes. L’histoire est très simple. Elle brasse des grands thèmes comme le courage, la valeur de la famille, l’importance des amis. Rémi sans famille est donc clairement destiné aux enfants entre 7 et 12 ans. Ceci étant, il est suffisamment bien ficelé pour ne pas ennuyer leurs parents. Un avantage non négligeable, quand on voit le niveau de certains films jeunesse. C’est un peu cliché, comme peut l’être un Belle et Sébastien, mais, au moins, ce n’est pas vulgaire. Le petit côté désuet a même son charme, d’une certaine manière, rappelant les films d’aventure qu’on regarde en famille quand on est enfant, et dont on se souvient toute sa vie.
Elise LENAERTS

