Cinéma – Un brûlot anti-Trump !


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Cinéma  – Un brûlot anti-Trump !
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Avec Fahrenheit 11/9, le documentariste américain Michael Moore réalise un film qui voudrait peser sur les élections américaines de mi-mandat!

Michael Moore, 64 ans, ne passe pas inaperçu. Par sa stature certes, mais surtout parce qu’il réalise régulièrement des documentaires qui veulent sensibiliser le public à des enjeux politique et/ou de société. Le réalisateur a un style qui lui est propre, engagé, au prix, parfois, d’une certaine mise en scène. En 1989, il vend tous ses biens pour réaliser son premier film qui dénonce les mesures de restructuration de la General Motors et ses conséquences: trente mille licenciements à Flint, une ville qui comptait cent cinquante mille habitants! Depuis, il est connu, adoré par certains et craint par d’autres. Il avait marqué le Festival de Cannes en 2004 en recevant la Palme d’or pour Fahrenheit 9/11 qui évoquait les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Fahrenheit 11/9, c’est donc le 9 novembre (2016), soit le lendemain des élections américaines et le jour où la victoire de Trump a été annoncée. En reprenant Fahrenheit dans le titre, le réalisateur l’ancre dans le précédent, lequel était un acte politique et un réquisitoire qui visait à empêcher la réélection de George Bush. En vain.

Un réalisateur qui interpelle!
Ici, le réalisateur interroge suite à l’élection de Trump: "Comment en est-on arrivés là?". Il montre comment le mal-être d’une partie de la population qui se sent rejetée, non écoutée, a pu jouer, mais également comment le système électoral américain conduit à élire quelqu’un qui n’a pas la majorité des électeurs mais celle des Etats. Il met aussi en cause le parti démocrate qui a truqué ses élections primaires pour évacuer Bernie Sanders au bénéfice d’Hillary Clinton.
Moore dénonce le racisme de Trump. Ainsi, dans certains de ses meetings celui-ci pointe du doigt les Afro-Américains présents dans la salle pour qu’on les expulse ("Regardez, il y en a encore un là!"), et cela à de multiples reprises. Mais il met aussi en évidence la compromission des Démocrates, depuis Clinton, et même l’hypocrisie d’Obama lors de la crise de l’eau dans l’Etat du Michigan. Pendant près de deux ans, l’eau publique, pompée dans un lac était si chargée en plomb que de nombreux enfants étaient gravement malades. C’était encore à Flint! Le gouverneur Rick Snyder et les autorités avaient déclaré que l’eau était consommable. Obama, qui avait déclaré l’état d’urgence sanitaire en janvier 2016, a cependant dit en public qu’il n’y avait aucun danger à en boire et, joignant le geste à la parole, a trempé (un peu) les lèvres dans un verre de cette eau!
Michael Moore espère que son film pèsera dans le débat électoral. Nous le saurons dans quelques semaines.

Charles DE CLERCQ, RCF Bruxelles

Retrouvez les sorties de la semaine et les critiques de Charles De Clercq sur le site cinecure.be ou rendez-vous dans l’émission Cinécure sur RCF Bruxelles (107.6 FM ou rcf.be), le mercredi à 13h10 et 19h10, le samedi à 13h10 ou dans « Cinécure l’intégrale », le dimanche à 17h30. Cette émission est disponible en podcast.

 

Catégorie : Culture

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