Cinéma – Sans nouvelles de sa fille…


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Cinéma – Sans nouvelles de sa fille…
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
3 min

Librement adapté d’un livre des années 60, Ma fille évoque la quête d’un père algérien qui recherche sa fille aînée dans les rues de Paris. Ce drame évoque en filigranes l’immigration et la question du choix de vie.

La première séquence nous plonge dans le vif du sujet. Un père algérien, menuisier dans un petit village du Jura, revient à la maison après une journée de boulot. Son épouse le somme de reprendre contact avec Leila, sa fille aînée, partie depuis un an à Paris pour étudier la coiffure. La petite sœur de Leila, qui vit toujours sous le toit familial, reçoit un SMS de sa sœur: "Je ne reviendrai pas à la maison pour les fêtes de Noël". Ainsi démarre la quête d’un père, accompagné de sa plus jeune fille, qui débarque à Paris pour retrouver Leila…
Adapté d’un livre des années 60, Le voyage du père écrit par Bernard Clavel, ce long-métrage fut déjà adapté au cinéma à la même époque par Denys de La Patellière. Pour cette nouvelle version, seul le thème central de la quête du père est préservé. Le contexte est quant à lui remis à la sauce contemporaine. On évoque ici l’histoire d’un couple algérien ayant fui la guerre civile dans leur pays durant les années 90 pour venir vivre en France. L’idée d’adapter cette histoire à la sauce moderne vient de Thierry Ardisson, ancien animateur de Tout le monde en parle sur France2, qui tenait voici quelques années à faire jouer Daniel Auteuil dans le rôle du père. Le projet, qui n’a pas abouti, fut ensuite confié à Naidra Ayadi, jeune comédienne dont c’est ici la première réalisation. "Thierry Ardisson voulait faire ce film car il a lui aussi quitté à vingt ans sa province pour faire carrière à Paris", explique la réalisatrice. "Il ne parlait que de réussite. Après une tentative de suicide, son père est ‘monté’ à Paris pour le retrouver dans une sordide chambre d’hôpital. Thierry a gardé de cet instant un profond sentiment de honte."

Immigrants de la deuxième génération
L’histoire de Ma fille prend donc une toute autre dimension en comparaison au roman original. La réalisatrice évoque aussi en filigranes la deuxième génération d’immigrants et la difficulté pour cette génération de trouver des repères. "Je voulais raconter l’histoire d’un père peut-être maladroit et absent, mais aimant, compréhensif et soucieux de transmettre des valeurs à ses enfants", poursuit Naidra Ayadi. "Notez qu’à aucun moment je ne parle de religion. Je n’avais pas envie de cristalliser les différences en parlant de la religion musulmane ou de toute autre forme de croyance."
A regarder de manière plus large comme le récit universel de la quête d’un père, Ma fille évoque également d’autres thèmes, comme l’antagonisme entre les petites villes et les capitales, les conflits de génération ou le besoin d’argent pour s’accomplir.
Très intéressant sur le papier, ce film souffre toutefois de quelques faiblesses. Avec un démarrage abrupt, le scénario offre peu de mise en contexte et n’exploite pas assez en profondeur les questions secondaires. On applaudit surtout Roshdy Zem qui, malgré un personnage de prolétaire immigré pas toujours crédible, offre une réelle profondeur au film. Ce film court (1h20) a surtout le mérite d’éveiller le débat.

Géry BRUSSELMANS

Catégorie : Culture

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