Ancienne championne d’athlétisme, Sœur Fides, originaire de Madagascar, arpente les couloirs de son pas pressé. Entre son travail à l’accueil de l’abbaye de Maredret, les différentes missions liturgiques qui sont les siennes, la formation qui, comme elle le précise, « continue jusqu’à la fin de sa vie », sans oublier ses nombreuses tâches dans le potager, ses journées sont bien remplies. Et depuis quelques semaines, elle se prépare à sa profession solennelle qui aura lieu, ce samedi 27 juin, à l’abbaye de Maredret. Sœur Fides n’en perd pas pour autant son sourire !

Face à son ordinateur, Sœur Fides met la dernière touche à la préparation de sa profession solennelle. Il y a quelques jours encore, elle était à Wépion, à La Pairelle, pour une retraite. Une retraite très riche avec, notamment, l’analyse de nombreux textes bibliques. Sœur Fides est ravie de ces quelques jours passés même si, comme elle l’ajoute dans un grand éclat de rire, son cerveau a été très, très sollicité ! « Je suis une vocation tardive » ponctue encore Sœur Fides. Elle a rejoint les moniales bénédictines de Maredret, en 2018. Elle avait alors 44 ans.
Quand elle a appris qu’elle rejoignait Maredret, inutile de préciser qu’elle a sorti une carte. Avant de situer ce joli village de la vallée de la Molignée, il s’agissait d’abord d’épingler la Belgique !
Un long chemin vers la vie religieuse qui a débuté alors que la petite Marie Noëline Ravololoniaina a 6 ans. « J’ai eu envie d’être sœur au contact d’une religieuse qui enseignait le chant dans notre église. J’ai été très attirée par sa façon de parler, son comportement, sa douceur. » Un désir qui restera bien présent au fil des années : « Ma vocation était en moi comme la graine qui est déjà dans la terre. Sur les chemins de la vie, cette graine doit grandir, fleurir mais pour cela la terre doit être arrosée, sarclée. Cela prend du temps. Jésus, ne m’a pas laissée toute seule, il m’a donné le Père spirituel avec sa grâce et l’œuvre de l’Esprit Saint. Et là j’arrive aux vœux définitifs. »
Travail et prière
Pour suivre les cours du lycée, elle doit quitter sa campagne pour rejoindre la ville. Un véritable choc. Marie Noëline s’inscrit dans un club d’athlétisme. Elle choisit les épreuves de fond où elle brillera, elle sera championne de son pays. « Mais je n’oubliais pas le jour du Seigneur, le dimanche. Avant de courir, j’assistais à la messe dans une paroisse proche du stade. » Le baccalauréat en poche, elle travaillera avec une institutrice avant d’entrer à l’université. « J’y ai passé deux ans dans la section « lettre » pour apprendre la littérature malgache. J’étais arrivée à un moment de ma vie où il me fallait faire un choix. J’ai repensé à mon envie de devenir religieuse. Je l’ai aussitôt annoncé à mes parents et à ma nièce, déjà religieuse. » Marie Noëline rejoindra une communauté où elle passera plusieurs années. Finalement, la jeune femme est arrivée à Maredret, en 2018, elle rejoignait ainsi les moniales bénédictines, des contemplatives.
C’est à Maredret qu’elle recevra le nom de Sœur Fides, « le prénom, comme elle dit, de ma deuxième naissance. » Elles sont aujourd’hui onze de six nationalités différentes à vivre, en communauté, dans cette abbaye. « La communauté, c’est une école pour apprendre et vivre l’amour de Dieu et l’amour du prochain avec humilité, obéissance et la crainte de Dieu. Nous sommes venues ici pour chercher Dieu, pour l’amour du Christ. Jésus nous demande de vivre ensemble dans cette abbaye saint Jean et sainte Scholastique de Maredret. »
« Notre mission, c’est la prière et le travail (Ora et Lavora) » précise la religieuse. Réveillée à 5h30, elle travaille dans le jardin, dans l’espace potager ou encore dans celui réservé aux plantes médicinales. La journée de prière débute, elle, à 7h avec l’Oraison. Au total, sept temps de prière avec à 21h, le dernier, les Vigiles. Tout s’enchaîne dans la journée orchestrée selon la règle de saint Benoît. Sœur Fides est présente à l’accueil pour recevoir les visiteurs, les retraitants. Il s’agit encore de veiller à leur installation, à l’entretien des chambres… Il y a aussi la formation avec l’étude de la bible, de la musique, de l’enluminure…
Dans la prière
Ce samedi 27 juin sera une journée particulière. Sœur Fides : « Je prononcerai mes vœux définitifs ou vœux solennels ou encore vœux perpétuels. » Désormais, elle portera le voile noir des Bénédictines et plus le blanc comme actuellement. Elle portera aussi au doigt une alliance et recevra le psautier. Sœur Fides pourra participer aux réunions du chapitre où les décisions notamment pour la communauté se prennent.
Samedi, elle sait que pour cette étape tellement importante dans sa vie de religieuse, elle ne sera pas seule. « La vocation se base dans la prière et c’est par elle que je suis arrivée à surmonter tous les problèmes rencontrés dans la vie. Il suffit d’invoquer le nom de Jésus : ‘Jésus aide-moi, Jésus j’ai confiance en Toi. Et quand on a réussi, il ne faut pas oublier de le remercier. Merci pour ton amour. Merci pour la grâce donnée. Jésus, je sais que tu m’aimes. Et, je t’aime.’ »
La profession solennelle aura lieu à l’église abbatiale de Maredret, à 10h. Elle sera présidée par le Père François Lear, Père Abbé de Maredsous.
Christine Bolinne