Le processus synodal, les femmes dans l’Eglise, les nouveaux croyants… : voici les autres points de la lettre de Mgr Bonny


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Le processus synodal, les femmes dans l’Eglise, les nouveaux croyants… : voici les autres points de la lettre de Mgr Bonny
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
6 min

Dans une lettre pastorale publiée la semaine dernière, l'évêque d'Anvers exprimait son intention d'ordonner prêtres des hommes mariés d'ici 2028. Une déclaration qui a suscité de nombreuses réactions, positives comme négatives. La lettre aborde cependant aussi d'autres thématiques dignes d'intérêt : le processus synodal, l'ordination des femmes au diaconat, l'avenir du christianisme... Découvrez les passages les plus marquants de ce document.

Pour une Eglise synodale

Un rappel amical de Rome

"Le 28 janvier 2026, tous les évêques ont reçu de Rome un rappel amical mais pressant, signé par quatre cardinaux, les invitant à élaborer leur plan diocésain pour la phase de mise en œuvre. C’est une chance et une mission que je veux prendre très au sérieux avec le conseil épiscopal.

"Le synode doit s’achever là où il a commencé : dans chaque diocèse ou dans chaque Église locale. C’est là que les responsables de l’Église et le peuple chrétien doivent unir leurs efforts. Ce sont eux qui sont le mieux placés pour écouter, prendre en compte et répondre à la spécificité de leur propre situation particulière."

"La balle est dans le camp des évêques"

"La balle est maintenant dans le camp des évêques locaux et de leurs Églises. Ils doivent éviter que les gens n’aient l’impression que le processus synodal n’a servi à rien, ou qu’il ne soit qu’une répétition sans fin « d’hypothèses abstraites » sans résultats. Ce risque est en effet loin d’être négligeable. Ce qui doit se faire maintenant ne peut plus être remis « sine die ». Le Document final insiste sur « une mise en œuvre correcte et résolue des processus décisionnels » et sur « des changements concrets à court terme ». Les évêques locaux et leurs Églises sont responsables de cette mise en œuvre. Ils ne doivent pas continuer à regarder autour d’eux et à différer l’action. En bref : une invitation rarement entendue au courage et à l’efficacité au niveau local. C’est à cet appel synodal que je veux que notre diocèse réponde, pour l’avenir proche comme pour l’avenir plus lointain.

La coresponsabilité des femmes dans l'Eglise

Une question dans le monde entier

"La question de l’égalité des chances entre hommes et femmes dans l’Église n’est pas propre à l’Occident ni seulement à l’Europe occidentale. Bien au contraire, c’est précisément le processus synodal qui a montré combien cette question est à l’ordre du jour dans le monde entier. Partout dans le monde, les femmes demandent une part pleine et égale dans la vie de l’Église. Qu’est-ce que cela peut signifier pour notre diocèse ?

"D’abord, que nous continuions à miser sur la coresponsabilité des femmes dans toutes les tâches pastorales et administratives, et à tous les niveaux de la vie ecclésiale. [...] Les femmes prennent leurs responsabilités dans les paroisses et les unités pastorales, dans la formation, dans de nombreux organes de gouvernance, jusque dans le conseil épiscopal. Sur cette voie, nous continuerons résolument, dans une concertation synodale avec toutes les personnes concernées. Un point difficile reste la demande de rendre le sacrement de l’ordre accessible aux femmes, à commencer par l’ordination diaconale. Le fait qu’une commission spéciale, instituée par le pape François, ait à nouveau rendu un avis négatif à ce sujet fin 2025, est ressenti une fois de plus douloureusement.

Une réception négative irréversible

"L’incompréhension à cet égard s’explique surtout par deux raisons. D’une part, parce que les contre-arguments paraissent théologiquement faibles et anthropologiquement dépassés. Ils ont perdu leur force de conviction. Ils semblent contraires à ce que l’Esprit dit aujourd’hui aux Églises. Cette réception négative n’est, à mon avis, plus réversible. D’autre part, parce qu’aucune alternative convenable n’est proposée, alors que tous savent et reconnaissent quelles tâches importantes les femmes remplissent, tant dans la vie liturgique et sacramentelle que dans la direction administrative de l’Église. L’alternative à l’ordination ne peut pas simplement être la « non-ordination »."

Comprendre le langage du christianisme

Un langage auquel l'Eglise est tenue

"Certes, le langage de notre prédication et de notre liturgie est tiré de la Bible et de la tradition chrétienne. Comme la médecine, le sport, l’internet ou la politique, l’Église use d’un vocabulaire propre. En outre, l’Église doit veiller à ce que certains mots ne disparaissent pas de notre vocabulaire, des mots comme grâce, miséricorde, simplicité, incarnation, pardon, rédemption, offrande, résurrection, fidélité, croix, joie, résurrection ou accomplissement.

"Même si nous n’utilisons pas ces mots au quotidien, ils donnent un sens aux événements les plus importants de notre vie. De tels mots sont à la fois résistants et fragiles. Ils peuvent mourir faute d’oxygène, comme les arbres peuvent mourir de la pluie acide, ou comme les poissons peuvent mourir dans une eau empoisonnée. Bref : il existe un langage auquel l’Église est tenue, par fidélité à Jésus-Christ dont elle annonce le message. C’est de ce langage qu’elle est née et c’est pour parler ce langage qu’elle existe. Mais à cette mission s’attache tout un ensemble de questions ou de tâches qui ont clairement émergé dans nos entretiens synodaux.

Une formation adaptée à notre temps

"Il y a d’abord la question d’une formation adaptée à notre temps pour comprendre et utiliser le « langage de l’Évangile » ou le « langage du christianisme ». En effet, beaucoup de mots ecclésiaux ne trouvent aujourd’hui presque plus d’écho. Ils suscitent peu de sentiments. Ou n’éveillent aucune intuition nouvelle. Le langage du christianisme n’est manifestement plus une langue maternelle transmise avec le lait maternel. Ce n’est plus une première langue, mais une deuxième ou une troisième langue. Une langue qu’il faut apprendre à force d’exercices et de répétitions, de lecture et de conversation.

"Les « nouveaux venus » dans la foi chrétienne, surtout, ont besoin de cette formation ou de cet accompagnement. Où peuvent-ils le trouver ? Et surtout : qui peut ou veut les y aider ? « Conteurs recherchés », « Traducteurs recherchés », « Mamans lectrices recherchées » : voilà les panneaux qu’il faudrait accrocher au-dessus de la porte de chaque église !"

Les nouveaux venus dans l'Eglise

"Ils ont découvert Jésus sur internet"

"De nouveaux chrétiens ? Y en a-t-il donc ? Oui, plus que nous ne l’imaginons. Chaque année, des milliers de parents font baptiser un petit enfant. En outre, le nombre de candidats au baptême et à la confirmation à l’âge de jeune adulte ou d’adulte augmente régulièrement. Ce sont des jeunes ou des adultes de différentes origines, aux parcours de vie variés. Ils ne viennent généralement pas des institutions ou mouvements chrétiens classiques. Ils ont découvert ou redécouvert Jésus sur internet, dans des conversations avec des amis ou collègues, ou par des circonstances fortuites.

"Un don pour notre communauté ecclésiale"

"S’y ajoutent de nombreux fidèles catholiques d’origine étrangère, qui continuent de rejoindre nos communautés. Tous ces « nouveaux venus » sont un don pour notre communauté ecclésiale locale. Et ils nous interpellent. Comment les accueillons-nous, les formons-nous et les accompagnons-nous ? Dans quelle communauté trouvent-ils un nouveau chez-soi ou se font-ils de nouveaux amis ? Que pouvons-nous apprendre d’eux ?

C.H.

👉 Retrouvez ici la lettre pastorale de Mgr Bonny en français


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