L’étonnant voyage de l’écrivain Javier Cercas avec le pape François


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L’étonnant voyage de l’écrivain Javier Cercas avec le pape François
© Jean-Luc Bertini/Actes Sud
Par La rédaction
Publié le
2 min

Dans son dernier roman Le Fou de Dieu au bout du monde, l’écrivain espagnol Javier Cercas suit le pape François et ses proches jusqu’en Mongolie… et bien au-delà. Un regard tendre et décalé sur l’Eglise catholique et le christianisme.

"Je suis athée. Je suis anticlérical. Je suis un laïc militant, un rationaliste obstiné, un impie rigoureux. Et pourtant je me trouve ici, dans un avion à destination de la Mongolie en compagnie du vieux vicaire du Christ sur la terre, m’apprêtant à l’interroger sur la résurrection de la chair et la vie éternelle. […] Voilà donc un fou sans Dieu poursuivant le fou de Dieu jusqu’au bout du monde." Javier Cercas, écrivain espagnol traduit dans une trentaine de langues, donne ainsi le ton de son dernier roman, Le Fou de Dieu au bout du monde, dès les premières lignes.

Le résurrection comme fil conducteur

Si l’auteur accepte la proposition de la maison d’édition du Saint-Siège d’écrire un livre sur le pape, c’est en pensant à sa mère, catholique fervente en fin de vie, persuadée qu’à sa mort elle retrouvera son défunt mari. Cette énigme de la résurrection de la chair et de la vie éternelle, que Javier Cercas identifie comme le cœur du christianisme, traverse obstinément tout son livre.

Dans ces pages mêlant autobiographie, biographie, essai ou chronique, ce sont les rencontres qui priment. Un entretien essentiel avec le pape, dont la teneur ne sera révélée qu’en fin de roman. Mais également avec de nombreux hommes et femmes hauts en couleur, travaillant au Vatican ou dans la petite Eglise catholique de Mongolie, presque tous interrogés aussi sur leur folle espérance.

"Chuchoter" l'Evangile

De ces diverses rencontres, de la vie et des inspirations intellectuelles de Bergoglio et des enjeux politiques liés au Vatican ressort un portrait complexe, intime et plein d’humour de l’Eglise catholique d’aujourd’hui. Javier Cercas, marqué avant tout par ses entretiens avec les chrétiens de Mongolie, pense finalement que les problèmes de cette vieille institution, souvent liés au cléricalisme dénoncé par François, seraient résolus… si tous devenaient missionnaires! Selon l’expression du cardinal Marengo, "principal soldat de Bergoglio en Mongolie", il s’agit de "chuchoter" l’Evangile. Un chuchotement proche de la poésie, qui accompagne en filigrane cette épopée, et qui pourrait servir d’inspiration à l’Eglise d’Occident…

Christel VISÉE

Javier Cercas, Le Fou de Dieu au bout du monde, traduit de l’espagnol par Aleksandar Grujičić et Karine Louesdon, Actes Sud, 2025, 472 pages.

Catégorie : Culture

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