Les évêques européens réclament un coordinateur contre la haine anti-chrétienne


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Les évêques européens réclament un coordinateur contre la haine anti-chrétienne
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Une récente résolution du Parlement européen presse la Commission de nommer un coordinateur chargé de lutter contre la haine anti-chrétienne au sein de l’Union Européenne. Soutenue de longue date par les évêques européens, cette initiative vise à mieux reconnaître et combattre les discriminations et violences visant les chrétiens, tout en renforçant la protection des lieux de culte en Europe.

La Commission des épiscopats de l’Union européenne (COMECE) a salué, ce lundi 23 février 2026, la récente résolution du Parlement européen demandant à la Commission de nommer un coordinateur chargé de lutter contre la haine anti-chrétienne au sein de l’Union.

380 millions de chrétiens touchés

Dans le paragraphe 84 de sa résolution, le Parlement déplore qu'"alors que le christianisme demeure aujourd’hui la religion la plus persécutée au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées, il n’existe aucun coordinateur européen chargé de lutter contre la christianophobie". "Et ce, ajoutent les eurodéputés, alors même qu’un coordinateur a été nommé pour combattre l’islamophobie."

Prenant note de cette importante déclaration du Parlement européen, les évêques européens, réunis au sein de la COMECE, encouragent la Commission à envisager sérieusement la nomination d’un coordinateur européen chargé de la "haine anti-chrétienne".

"Haine anti-chrétienne" plutôt que "christianophobie"

Les évêques de l’UE suggèrent que l’intitulé du futur coordinateur européen fasse référence à la « haine antichrétienne » plutôt qu’à la « christianophobie », afin d’assurer la cohérence avec des fonctions similaires déjà existantes au niveau de l’UE, en particulier celle concernant les communautés musulmanes, et d’éviter de fonder de telles initiatives sur le concept controversé de « phobie ».

Le futur coordinateur de l’UE devra être chargé de traiter des cas concrets de discrimination, d’intolérance et de violences visant les communautés chrétiennes dans l’Union européenne.

La COMECE insiste également sur la nécessité d’un soutien financier adéquat. Elle plaide pour que la lutte contre la haine anti-chrétienne soit pleinement intégrée dans le futur instrument de financement "AgoraEU", afin que cette protection ne reste pas symbolique mais devienne effective.

Un plaidoyer de longue haleine

La demande ne date pas d’hier. En décembre 2024, lors d’une conférence au Parlement européen, le conseiller de la COMECE, Alessandro Calcagno, affirmait publiquement que "le moment [était] venu de nommer un coordinateur européen pour lutter contre la haine anti-chrétienne". C’était la première fois que la question était formellement soulevée dans le cadre institutionnel européen.

Alessandro Calcagno. Bruxelles. © COMECE

En janvier 2026, s'adressant au Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, le pape Léon XIV soulignait à son tour que "…nous ne devons pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’encontre des chrétiens, qui se répand même dans des pays où ils sont majoritaires, comme en Europe".

Protéger les lieux de culte

Dans leur communiqué, les évêques européens rappellent que la protection des lieux de culte constitue un élément essentiel de toute stratégie visant à lutter contre la haine anti-chrétienne. Ils espèrent que le futur programme européen de prévention du terrorisme et de l’extrémisme violent mentionnera explicitement la sécurisation des lieux de culte comme priorité.

Déjà aujourd'hui, la COMECE coopère activement avec divers projets et consortiums financés par l’UE afin de faire en sorte qu’une protection effective des lieux de culte au sein de l’Union soit une réalité.

Voeux du pape Léon XIV au Corps diplomatique, 9 janvier 2026. © Vatican Media

C.L. (avec cp)


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