Comme chaque 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes, l’Eglise universelle célèbre la Journée mondiale des malades, instituée par saint Jean-Paul II en 1992. Cette 34e édition a pour thème : "La compassion du Samaritain : aimer en portant la souffrance de l’autre".
Au terme de l’audience générale de ce mercredi 11 février 2026, le pape Léon XIV a annoncé qu’il se rendrait à la grotte de Lourdes dans les jardins du Vatican pour y allumer un cierge, "en signe de ma prière pour tous les malades". Il a exprimé sa proximité avec les fidèles réunis à Chiclayo, au Pérou, son ancien diocèse, où la célébration est organisée de manière solennelle, confiant "les malades et leurs familles à la protection maternelle de la Vierge Marie". Le Saint-Père a également adressé une pensée aux victimes des inondations en Colombie, appelant à la solidarité et à la prière.
Cette Journée mondiale veut rappeler que l’accompagnement des personnes souffrantes est une priorité évangélique. Elle invite aussi la société civile à reconnaître la dignité des malades et à préserver le don de la santé.
"Aimer signifie s’arrêter" : le message du pape Léon XIV
Dans son message à l'occasion de la Journée mondiale des malades 2026, Léon XIV place au centre la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 25-37). Il y voit une clé pour comprendre la charité chrétienne : aimer, ce n’est pas seulement ressentir, c’est se faire proche.

Le pape souligne que le Samaritain "s’est arrêté, a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin du blessé". Il insiste : Jésus n’enseigne pas seulement qui est le prochain, mais comment devenir le prochain. L’amour véritable implique un choix, une décision d’approche.
Dans une société marquée par "l’instantanéité, la précipitation et l’indifférence", la parabole rappelle l’urgence de ralentir pour voir la souffrance. La compassion n’est pas une émotion passagère, mais un engagement. Elle suppose de donner de son temps, de ses ressources, de soi-même.
Léon XIV relit ce passage à la lumière de l’encyclique Fratelli tutti. La charité ne se réduit pas à un effort individuel : elle s’inscrit dans une dimension sociale et ecclésiale. Le Samaritain ne soigne pas seul ; il confie le blessé à l’aubergiste. De même, le soin des malades est une "action ecclésiale", qui engage familles, soignants, agents pastoraux, communautés chrétiennes.
Fort de son expérience missionnaire au Pérou, le pape évoque ces réseaux de solidarité qui rendent visible l’amour de Dieu. La compassion devient un critère de santé spirituelle pour l’Église et pour la société. Reprenant saint Cyprien, il rappelle que les crises révèlent la justice d’une communauté : les bien-portants se mettent-ils au service des malades ?
Le message développe enfin le lien entre amour de Dieu, amour du prochain et juste amour de soi. Servir le malade n’est pas un simple geste philanthropique ; c’est une manière concrète d’aimer Dieu. "Le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel", écrit Léon XIV.
Il conclut en confiant les malades à la Vierge Marie, "Santé des malades", et en donnant sa bénédiction apostolique aux patients, à leurs familles, aux professionnels de santé et à tous ceux qui s’engagent dans la pastorale de la santé.
L’onction des malades : un sacrement de force et de paix
Longtemps appelée « extrême-onction », l’onction des malades a été associée à la fin de vie. Historiquement, dès le Moyen Âge, ce sacrement était administré aux mourants, souvent en lien avec la réconciliation. Depuis le concile Vatican II (1962-1965), l’Eglise a redécouvert sa portée plus large : il ne s’adresse pas seulement aux personnes en danger imminent de mort.
Aujourd’hui, l’onction peut être reçue par "les fidèles dont la santé commence à être altérée dangereusement par la maladie ou la vieillesse". Elle peut être donnée avant une opération grave, lors de l’aggravation d’une maladie chronique, ou à un enfant gravement malade. Elle peut aussi être reçue plusieurs fois au cours d’une vie.
Il convient de distinguer clairement l’onction du sacrement de réconciliation. "La maladie n’est pas un péché", rappelait sur RCF la théologienne Frédérique Poulet. L’onction n’est pas d’abord un pardon, mais un sacrement de consolation, de force et d’union au Christ souffrant. Elle inscrit la fragilité humaine dans l’espérance pascale.
MVL (sources: Vatican News et RCF)

