« Habemus gouvernementum »: quand la politique bruxelloise emprunte les codes du Vatican


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« Habemus gouvernementum »: quand la politique bruxelloise emprunte les codes du Vatican
Entre clins d’œil pontificaux, personnes déguisées en cardinaux et suspense digne de la chapelle Sixtine, la crise bruxelloise s’est jouée presque comme une élection papale ! ©Facebook/RTBF/VaticanMedia
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Dans une Bruxelles en panne de gouvernement depuis 613 jours, la politique s’est soudain mise à parler latin. Réunis en huis clos à la Fondation Universitaire, sept partis belges ont troqué les éléments de langage contre les codes du Vatican, s’enfermant en "conclave" jusqu’à l’apparition d’une fumée blanche.

La semaine dernière, la scène politique a adopté un fort jargon religieux. Après 613 jours de crise gouvernementale à Bruxelles, les négociateurs de sept partis s’étaient donné rendez-vous à la Fondation Universitaire pour un… conclave ! L’idée ? Faire comme dans la chapelle Sixtine : personne ne sort tant qu’il n’y a pas d’accord de gouvernement bruxellois.

"Habemus conclave" titrait d’ailleurs Le Soir le mardi 10 février, à l’ouverture du premier jour :

Le même jour, dans son édito sur Bel RTL, Martin Buxant se demandait si ce conclave allait accoucher d’un pape "ou d’une papesse", la personnalité la mieux placée pour la ministre-présidence, selon lui, s’appelant Valentine Delwart: "C’est elle, la libérale, qui pourrait devenir sainte patronne des Bruxellois". L’histoire en a finalement décidé autrement : à la surprise générale — et même à la sienne — c’est finalement Boris Dilliès qui a été désigné à ce poste. En 2022, il se confiait d'ailleurs à CathoBel sur la religion, le virus de la politique, etc.

Toujours mardi, une affiche parodiant le film Conclave circulait sur les réseaux sociaux (voir photo de Une) : on y voyait, en cardinaux, Georges-Louis Bouchez, Elke Van den Brandt et Ahmed Laaouej. L’abbé Eric de Beukelaer la partageait en la jugeant "fort drôle", tout en soulignant que la situation bruxelloise "n’offre pas de quoi rire".

Dans la foulée, Arnaud Ruyssen proposait sur Facebook: "Faudra-t-il affamer les négociateurs et les priver de chauffage pour avoir un gouvernement?" Un clin d’œil à l’histoire de l’Eglise "et à la fameuse crise de l’élection pontificale de Viterbe entre 1268 et 1271".

Au-delà des formules, la méthode elle-même reprenait les codes du conclave: huis clos strict et silence absolu vers l’extérieur. Dans une scène politique belge où les fuites sont légion, quasi rien n’a cette fois filtré des pourparlers.

Fumée blanche sur Bruxelles

Jeudi 12 février, au balcon de la Fondation Universitaire, deux membres du personnel vêtus de la soutane rouge hissent un drapeau bruxellois et brandissent un fumigène blanc.

Après trois jours de conclave — soit plus que nécessaire pour élire Léon XIV — un accord est scellé. Sur X (ex-Twitter), le président du MR, Georges-Louis Bouchez (à l’initiative du conclave) confirme en publiant une photo de la cheminée de la chapelle Sixtine laissant échapper une fumée blanche.

Ultime clin d’œil au calendrier: l’accord conclu par les sept partis a été surnommé par les observateurs l’accord de la… Saint Valentin!

Clément LALOYAUX

Catégorie : Belgique

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