Les cinq infos à retenir du consistoire extraordinaire de Léon XIV


Partager
Les cinq infos à retenir du consistoire extraordinaire de Léon XIV
Selon plusieurs participants, Léon XIV a peu parlé durant ces deux jours, mais beaucoup écouté et pris des notes. © Vatican Media
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
6 min

Le pape Léon XIV a annoncé la tenue d'un second consistoire en juin prochain et s’est engagé à instaurer de telles réunions chaque année. "J’éprouve le besoin de pouvoir compter sur vous !" a-t-il déclaré aux 170 cardinaux réunis pour l'occasion, parmi lesquels deux Belges. Retour sur cinq faits marquants de ce consistoire.

1) Léon XIV a l'intention de convoquer les cardinaux tous les ans

Dans son discours de clôture, le Pape a annoncé vouloir tenir un consistoire chaque année. Une date a déjà été proposée pour le prochain rendez-vous : les cardinaux se rassembleront normalement les 27 et 28 juin 2026, à la veille de la solennité des saints Pierre et Paul.

Léon XIV amorce un nouveau style de gouvernance pour l'Eglise, à savoir réunir régulièrement les cardinaux du monde entier pour définir ensemble les priorités de l’Église catholique. "J’éprouve le besoin de pouvoir compter sur vous !" a-t-il déclaré durant ce consistoire. "C’est vous qui avez appelé ce serviteur à cette mission !"

Cette nouvelle façon de gouverner tranche radicalement avec celle de son prédécesseur François, qui préférait consulter, non pas le collège cardinalice, mais un conseil plus restreint de neuf cardinaux : le C9. Lors de son pontificat, le pontife argentin n'avait réuni de consistoire extraordinaire qu'à... une seule reprise ! Cette année, lors des congrégations générales précédant le conclave, les cardinaux présents à Rome s'étaient d'ailleurs plaints du manque de réunions et de collégialité sous le pape François.

Le collège des cardinaux attendait un climat renouvelé d’écoute et de participation. Ils ressortent rassurés de ce dernier consistoire. Après celui de juin prochain qui durera à nouveau deux jours, les consistoires suivants devraient être plus longs, entre trois et quatre jours.

"La manière dont nous apprenons à travailler ensemble peut faire naître quelque chose de nouveau."

Léon XIV, discours d'ouverture du consistoire, 7 janvier 2026

2) Ils étaient 170 cardinaux présents... dont deux Belges !

Ce consistoire extraordinaire a réuni 170 cardinaux électeurs et non électeurs. Sur papier, ils auraient pu être 245 à converger vers Rome. Outre les contraintes personnelles ou de santé, certains cardinaux n'ont pu s'y rendre à cause du contexte local de leur Eglise. C'est le cas du cardinal Baltazar Enrique Porras Cardozo (Venezuela), qui n’a pas pu venir au Vatican parce que les autorités vénézuéliennes ont confisqué son passeport, l’empêchant de voyager. D'autres cas posent davantage question comme celui du cardinal nicaraguayen Leopoldo Brenes.

Le Pape a adressé des remerciements particuliers aux cardinaux les plus âgés pour avoir fait l'effort de venir, et manifesté sa proximité avec ceux qui n'ont pas pu se joindre : "Nous sommes avec vous et nous vous sommes proches".

Sur les images diffusées par le Saint-Siège, nous avons pu repérer les deux cardinaux belges. D'abord Dominique Mathieu, archevêque de Téhéran-Ispahan et récemment nommé au Dicastère pour le dialogue interreligieux. Mais également Jozef De Kesel, ancien archevêque de Malines-Bruxelles.

Le cardinal belge Dominique Mathieu (à gauche) dans les rues de Rome aux côtés du cardinal français François Bustillo. Tous deux sont franciscains. © Capture d'écran / YouTube
Sur les images de KTO, nous apercevons le cardinal Jozef De Kesel en procession pour la messe du 8 janvier. Devant lui, se trouve son compatriote : le cardinal Mathieu. © KTO

3) La question liturgique écartée des discussions

Au démarrage de ce consistoire, quatre sujets étaient sur la table, prêts à être discutés : la vocation missionnaire de l’Église dans le monde d’aujourd’hui (Evangelii gaudium), l’Evangile en rapport avec les Églises locales (Praedicate evangelium), le Synode sur la synodalité et la liturgie. Néanmoins, voyant que le temps allait faire défaut, les cardinaux ont voté "à une large majorité" pour accorder une attention prioritaire à seulement deux de ces thèmes : le rôle missionnaire et le synode sur la synodalité.

Sur ce premier point, la mission et l'évangélisation dans l'Eglise, les cardinaux ont proposé une relecture de l'exhortation apostolique de François Evangelii gaudium. Un texte "qui n'est pas périmé" a-t-on rappelé lors du consistoire, mais qui, au contraire, continue d'interpeller les diocèses, la Curie et le Pape lui-même.

Que retenir, ensuite, des échanges consacrés à la synodalité ? Eh bien, les cardinaux ont émis la nécessité de la vivre comme des "compagnons de route", que cela se reflète dans l'exercice de l'autorité, dans la formation et dans l’activité des nonces, qu'elle soit vécue dans la Curie avec "une plus grande internationalisation". Certains ont plaidé pour davantage de clarté et de lignes directrices autour de sa mise en œuvre. Après les discussions, plusieurs cardinaux ont convenu que "la synodalité en est encore à ses balbutiements", a déclaré le porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, cité par Religion News Service.

Les deux autres thèmes non votés par l'assemblée, Praedicate evangelium et la liturgie, ne devront pas être oubliés, a assuré le pape Léon XIV. L'épineux sujet de la messe tridentine a donc été mis de côté. Un choix quelque peu surprenant, au regard de l’impatience des "cercles tradis" et adeptes de la "messe en latin" de voir les restrictions, imposées par Traditionis Custodes, débattues ou levées.

En dehors de ces éléments dévoilés en conférence de presse, peu d'informations ont filtré pendant et après le consistoire sur le déroulement des débats, les cardinaux ayant déclaré aux journalistes que le pape Léon leur avait demandé de garder le secret.

Nouveauté lors de cette rencontre exceptionnelle : les cardinaux ont été installés par groupes autour de 21 tables rondes, à l’image des sessions du Synode sur la synodalité. © Vatican Media

4) Léon XIV confirme l'Assemblée ecclésiale d'octobre 2028

Léon XIV a par ailleurs confirmé l'Assemblée ecclésiale synodale d'octobre 2028 au Vatican. Un événement que le pape François avait annoncé en mars dernier, deux mois avant sa mort.

👉 Découvrez ici en quoi consiste ce futur évènement

5) Le départ réel du pontificat de Léon XIV ?

Huit mois après son élection, Léon XIV a connu "son" premier évènement majeur. Alors certes, il a présidé plusieurs grandes messes pour les jubilés à Rome ; mais le Jubilé 2025 fut une Année sainte ouverte par son prédécesseur François. Rebelote pour le consistoire ordinaire du 13 juin dernier, le premier de Léon XIV, au cours duquel il approuva les canonisations de huit bienheureux : le consistoire avait été convoqué bien plus tôt par le pape François. Ce consistoire extraordinaire-ci constitue donc le premier grand évènement initié par Léon XIV lui-même.

Bien que que son approche et son style de gouvernance différent, Léon XIV semble poursuivre dans la même voie que son prédécesseur argentin, en cherchant, comme lors de ce consistoire, à mettre en œuvre les enseignements du Concile Vatican II.

Cette démarche pourrait se concrétiser encore plus par la publication d’une prochaine encyclique, la première du pape américain. C'est ce que laissent entendre certains participants, à la sortie du consistoire. "Le Pape a davantage écouté qu'il n'a parlé", a déclaré le cardinal Pablo Virgilio David, lors d'une conférence de presse au Vatican ce jeudi 8 janvier au soir. Le cardinal philippin pense que le souverain pontife était peut-être en train de préparer un document pour l'avenir : "Il prenait des notes très, très sérieusement. Il doit mijoter quelque chose". Affaire à suivre, comme on dit...

Le pape Léon XIV prenait beaucoup de notes dans son grand cahier bleu. © Vatican Media

Clément Laloyaux

Catégorie : Vatican

Dans la même catégorie