« Il n’y a pas grand-chose à dire. Le fait d’être présent me paraît essentiel »: l’Eglise se place aux côtés des victimes de Crans-Montana


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« Il n’y a pas grand-chose à dire. Le fait d’être présent me paraît essentiel »: l’Eglise se place aux côtés des victimes de Crans-Montana
La chapelle Saint-Christophe de Crans était comble ce dimanche ©RTS capture d'écran
Par Vincent Delcorps
Publié le
3 min

Ce dimanche 4 janvier, c’est une messe d’hommage particulièrement suivie qui a été célébrée en la chapelle Saint-Christophe de Crans, trois jours après le drame qui a provoqué la mort de quarante personnes. Plusieurs évêques étaient présents, ainsi que deux pasteurs d’Eglises réformées.

Dans son homélie, Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, s’est référé aux mages de l’Evangile. "Il nous faut, ensemble, aujourd’hui demander la grâce d’être, à notre tour, des guetteurs de lumière", a-t-il souligné. "Face à l’éclipse qui assombrit le ciel dans notre Canton, notre pays, il est insupportable pour tant de familles, tant de personnes de demeurer dans l’obscurité de la souffrance ou de la mort, dans le noir du non-sens. La question d’une lumière qui attire et qui éclaire devient capitale. Elle est au centre de notre quête, de notre interrogation : Qui nous fera voir la lumière ? En réalité, chacun apporte une part indispensable."

L'évêque a poursuivi: "Chacun de nous possède ses propres réserves d’or d’encens et de myrrhe. Cherchons à savoir en quoi elles consistent ? Puis regardons où nous les tenons en réserve. Et nous les déverserons devant Dieu, sachant que Dieu n’est pas ailleurs que là où un enfant de cette terre souffre. Nous en avons tout plein autour de nous, ils sont là, sur notre chemin !"

"Le fait d'être présent"

En réalité, Mgr Lovey était déjà présent à Crans le 1er janvier, et y avait célébré une première messe. "Il y avait un monde fou!", expliquait-il ensuite à nos confrères de cath.ch. "Lorsqu’il traverse de grandes épreuves, l’être humain a besoin de communion." Et encore : "Je ne sais pas s’il y a une parole adaptée à un tel drame. Il n’y a pas grand-chose à dire. Le fait d’être présent me paraît essentiel."

Deux jours plus tôt, le pape avait également exprimé sa proximité envers les victimes, par l’envoi d’un télégramme. Léon XIV implorait la Mère de Dieu pour que, "dans sa tendresse", elle "apporte le réconfort de la foi à toutes les personnes touchées par ce drame, et les garde dans l’espérance".

"Il est encore temps de tirer une leçon"

Parmi les réactions marquantes, relevons encore celle du philosophe et théologien Emmanuel Tourpe. Dès le 2 janvier, il voyait dans la tragédie un drame "métaphysique". Et l’homme d’expliciter : "il y a ici des composantes du drame, qui rendent l’accident hors-norme et d’autant plus frappant : la jeunesse des victimes, le Nouvel An, le contraste violent entre l’image d’une station huppée destinée à la fête et l’effroi total que laisse cette apocalypse." Pour Emmanuel Tourpe, il y a dans le drame une parabole de notre monde. "Nous allumons, nous aussi, analogiquement, des fusées pyrotechniques sous le plafond bas de nos ambitions spirituelles." Y aurait-il, pour nous, un enseignement ? "Il est encore temps de tirer une leçon et de changer le cours du destin commun : retrouver le sens de nos vies par-delà le loisir, l’argent, le pouvoir, la gloire; chercher l’effort, viser un bien commun par-delà nos égoïsmes débridés, guérir les divisions sociétales."

Vincent DELCORPS

Catégorie : Eglise monde

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