Opinion : Et si nous revenions à l’Avent d’avant ?


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Opinion : Et si nous revenions à l’Avent d’avant ?
Par Frédéric CLOSE
Publié le
3 min

Alors que certaines traditions religieuses ont été remplacées par des habitudes consuméristes, que représente encore l’entrée en Avent en 2025? Dès aujourd’hui, prenons le soin de nous préparer à la venue du Sauveur. Frédéric Close, magistrat honoraire et fidèle lecteur de Dimanche, nous y invite.

L’Avent n’est plus ce qu’il était avant! Les calendriers qui portent son nom l’ont dénaturé en une attente de réjouissances hivernales. Dans les villes et les chaumières, l’éclat des diodes électroluminescentes remplace la pâleur inspirante des cierges et bougies, les boules et guirlandes dissimulent plus qu’elles ne décorent des sapins pourtant empreints de symbolisme, les cadeaux et ripailles s’étalent aux vitrines où la crèche de Bethléem, elle, est désormais absente…

De plus, les disciples de Jéhovah n’entonnent plus de cantiques traditionnels aux coins des rues, les crèches vivantes n’animent plus les parvis de nos églises et cathédrales, les carillons font tinter les airs à la mode au lieu du répertoire traditionnel de cantates… La restauration promise a perdu sa candide simplicité et, surtout, la fête de Noël se célèbre, non le 25 décembre, mais le soir qui précède ! Le réveillon rivalisera avec celui de la fin d’année, le boudin faisant place aux huîtres et la dinde au homard. Pour beaucoup de gens, Noël signifiera désormais grasse matinée et digestion pénible de champagne et foie gras, sauces crémeuses et desserts d’exception.

Pas de nostalgie stérile

Ce constat n’est pas un jugement. Il n’a rien non plus d’une nostalgie stérile, mais il n’échappe à personne. Il est même un bon nombre d’incroyants qui s’en étonnent, en regrettant qu’en oubliant leur origine, la fête et par conséquent les semaines préparatoires perdent tout leur sens. Si, comme tout mystère, celui de l’Incarnation ne se laisse approcher que par celui qu’il interpelle, nul n’ignore pourtant le message sacré qu’entonnèrent "les anges de nos campagnes" et qui, après deux millénaires, reste plus que jamais d’actualité. Dans nos contrées, les femmes et les hommes les plus mécréants se souviennent de leur vœu à la fois pacifique et pacificateur.

La crèche plutôt que le père Noël !

Alors, pour tous les hommes et les femmes "de bonne volonté", les semaines de l’Avent ne devraient-elles pas préparer "la Paix sur terre" à laquelle chacun aspire et qui ne peut être que l’œuvre de tous? Là où l’absurdité de la guerre ne sévit pas cruellement, elle menace ! Pourquoi, dès lors, ne pas ressortir de nos greniers ces crèches de carton, de bois, de plâtre ou de plastique, plutôt que des pères Noël et mères du même nom? Ceux-ci sont sans aucun doute fort sympathiques dans leur accoutrement revu et corrigé par la publicité américaine de 1931, mais leur apparition miraculeuse n’est porteuse d’aucun vœu ni message. Pourquoi, par conséquent, ne pas se préparer à célébrer la fête des pauvres et des malheureux, et non celle des nantis englués dans le confort?

Toute fête suscite joie et enthousiasme, rassemblement et amitié, plaisirs et cadeaux. Son succès est toutefois à la mesure de ses préparatifs. C’est donc "avant" le 25 décembre qu’il convient de préparer nos rues et nos maisons, mais aussi notre cœur, sinon notre âme. L’Avent attend la "venue" de ce temps nouveau où l’être humain aspire à l’amour le plus absolu qui soit, celui qui, au-delà du don et du pardon, conduit à la paix et à l’unité.

Souhaitons-nous un bel Avent !

Frédéric CLOSE

Intertitres et chapeau sont de la rédaction

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