Chacun sait que cela va arriver un jour, une nuit ("Nul ne sait ni le jour ni l’heure" Mt 24, 36) mais, quand la mort est là, c’est le tohubohu, le désarroi, la colère. Ce sont les larmes, les yeux baissés. C’est ainsi! La flamme s’est éteinte. La famille, les amis sont dans le noir.
Heureusement, quand le moment est propice, Jésus s’approche, tend la main et, d’un geste délicat, touche le menton de celui qui souffre pour qu’il relève la tête. Il le regarde alors droit dans les yeux avec une infinie tendresse et lui dit: "je le ressusciterai".
C’est, peut-être, aujourd’hui, 2 novembre, le bon moment pour écouter le fils de Dieu à travers sa bonne nouvelle. Personne n’est indifférent face à la disparition d’un être cher.
Relisons ce verset de l’Evangile: "Telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé: que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour".
Puisse cette Parole atteindre l’intelligence de l’auditeur et percoler dans son cœur, dans sa foi et dans son espérance.
En célébrant l’eucharistie, nous rendons grâce à Dieu qui s’est fait homme en Jésus-Christ: s’il est pleinement Dieu, il a vécu aussi nos joies et nos souffrances jusqu’à la croix et la résurrection.
Notre foi repose sur cette conviction: "Celui qui a ressuscité le Seigneur Jésus ressuscitera aussi notre corps avec lui." (2 Cor 4. 14).
En outre, lors de notre baptême, nous avons été greffés au Christ et, avec lui, nous sommes plongés dans la mort pour ressortir éblouissants de vie.
Nous sommes peut-être apaisés parce que nous avons reçu ce sacrement et que nous fréquentons l’Eglise régulièrement. Nous sommes de bons catholiques, quand même.
Mais les autres? Les mal-croyants, les disciples d’autres religions? Mon papa n’était peut-être pas un saint homme? Untel était rempli de péchés? Un autre, un voleur comme on n’en fait plus?
Tout d’abord, le texte est clair: "Celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors".
Et si nous nous mettons à l’écoute de saint Augustin, par exemple, il dit: "Personne ne sera perdu, sinon celui qui refuse d’être trouvé." (Traité sur l’Evangile de Jean, 27,3)
Dans son Homélie sur l’Evangile de Jean, saint Jean Chrysostome insiste: "Le Père attire, mais l’homme doit consentir à venir."
Comme dans la parabole du fils prodigue, le Père est là, qui attend, les bras grands ouverts afin de serrer son gamin contre son cœur quand il reviendra et le faire entrer dans sa maison.
La porte est ouverte pour tous ceux qui se mettront en route pour aller vers le Créateur qui laisse toujours une place à sa table pour les vagabonds de la vie qui viennent vers Lui.
Ainsi, une petite lumière brille dans nos ténèbres. Nous pouvons marcher avec l’âme en paix.
Nous nous souvenons de ceux qui sont "partis" et nous voudrions tant qu’ils soient bien dans la vie là-bas. C’est normal.
Commençons à relever la tête, à sécher nos larmes si nous le pouvons, pour remplir notre cœur de cette promesse d’un bonheur indicible. Alléluia !

