Rik Torfs dévoile pourquoi Beauraing est son « sanctuaire marial préféré »


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Rik Torfs dévoile pourquoi Beauraing est son « sanctuaire marial préféré »
Rik Torfs, se confie sur son attachement à Beauraing, qu’il considère comme son sanctuaire marial préféré. © Bardt for Take 7 (Creative Commons)
Par Clément Laloyaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Dans une chronique publiée sur Otheo, l’ancien recteur de la KU Leuven, Rik Torfs, s’arrête sur le sanctuaire marial de Beauraing. Avec sa plume subtile, il relit les apparitions de 1932-1933 et leur portée spirituelle aujourd’hui.

Sa chronique commence par un souvenir : une conversation avec le philosophe Etienne Vermeersch (1934-2019) au sujet des apparitions mariales. Pouvaient-elles être vraies ? Ce dernier trancha net : "Bien sûr que non. Elles ne sont qu’imagination. Ou hystérie."

Rik Torfs, lui, avoue avoir résisté à cette réponse trop catégorique. Certes, dit-il, "on peut vivre avec l’idée que les apparitions ne sont pas ‘vraies’ du point de vue d’un fact-checkeur". Mais comment les réduire à de simples illusions, alors que "les lieux où Marie est apparue ont rendu tant de gens heureux, leur ont offert libération et guérison" ?

Une apparition sans tapis rouge, ni paillettes

Beauraing, écrit-il, est son sanctuaire préféré. "Il est beau et bien entretenu, dans une région magnifique." Cinq enfants y auraient vu la Vierge à 33 reprises entre novembre 1932 et janvier 1933. Malgré des interrogatoires serrés et un scepticisme ambiant — y compris chez des catholiques — ils n’ont jamais varié dans leur récit. Rik Torfs note : "Nous ne devons pas croire que nous étions alors complètement naïfs et qu’aujourd’hui extraordinairement éclairés."

Mais ce qui le touche le plus, c’est la sobriété du décor : la toute première apparition de Marie eut lieu "au-dessus d’un pont ferroviaire rudimentaire, sobre et fonctionnel". Pas de tapis rouge, pas de mise en scène. "Qu’y a-t-il de plus ordinaire qu’un pont de chemin de fer en plein mois de novembre ?" souligne-t-il, admiratif de cette absence de faste et de paillettes.

Une méditation sur l’Église d’aujourd’hui

Il y a quelques semaines, assis sur un banc dans le jardin fleuri du sanctuaire de Beauraing, Rik Torfs contemple ce pont et pense aux ingénieurs qui l’ont conçu à l'époque pour relier Beauraing à Rocroi, en France. "Il est absolument certain qu’aucun d’eux n’a jamais pensé, ne fût-ce qu’un instant, à une éventuelle apparition de Marie".

Lui-même admet qu'il "ne sait pas si elle est réellement apparue à Beauraing". Et pourtant, ce lieu improbable lui semble symboliquement si juste : "L’idée est si contre-intuitive qu’elle en devient attirante."

Soudain, Torfs songe à la situation de l’Église aujourd'hui : "Les édifices changent de fonction, les vieux prêtres disparaissent, les eucharisties se raréfient, les funérailles se déplacent vers des centres funéraires policés." Son constat est grave : "Il faut être fort pour continuer à croire en un avenir florissant. Il paraît plus simple de poursuivre discrètement avec le « petit reste » saint."

Mais, tout aussitôt, il ajoute une note d’espérance : "Tout peut recommencer au moment où personne ne l’attend. Au cœur de l’automne, face à l’hiver."

👉 Retrouvez ici la chronique intégrale de Rik Torfs (en néerlandais)

C.L. avec Otheo


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