Le cardinal Hollerich ne veut pas de l’IVG dans la Constitution du Luxembourg


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Le cardinal Hollerich ne veut pas de l’IVG dans la Constitution du Luxembourg
Pour le cardinal Jean-Claude Hollerich, l'inscription du droit à l'avortement dans la Constitution luxembourgeoise serait "un jour triste dans l'histoire du Luxembourg".
Par Cath.ch
Publié le
3 min

L’éventualité de l’inscription d’un droit à l’avortement dans la Constitution du Luxembourg inquiète le cardinal Jean-Claude Hollerich. Pour l’archevêque cette démarche est non seulement superflue, mais aussi dangereuse pour la cohésion sociale et la culture démocratique du pays.

Depuis 2012, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) est déjà réglementée par la loi au Luxembourg et autorisée jusqu’à la douzième semaine de grossesse. L’affirmation des partisans, principalement issus du parti La Gauche, selon laquelle un droit constitutionnel serait nécessaire pour "empêcher tout recul", est donc dénuée de tout fondement objectif. La loi existante fonctionne et offre une protection juridique suffisante, souligne le cardinal Hollerich. Pour l’archevêque de Luxembourg une inscription dans la Constitution serait "un jour triste" dans l’histoire du pays.

Enjeu de liberté

Le prélat pointe aussi la manière particulièrement préoccupante dont ce débat est mené : "On assiste à une sorte d’opinion imposée." Si des questions éthiques fondamentales sont soustraites au débat démocratique par une modification de la Constitution, cela créerait des précédents dangereux.

"Si l’on n’est plus libre de s’exprimer (…), alors nous avons une démocratie libérale qui a pris les traits d’un système totalitaire", met en garde le cardinal en termes clairs. Cette évolution pourrait pousser les personnes qui ont des opinions différentes vers l’extrémisme et les divisions sociales.

Résistance des conservateurs

Le Premier ministre Luc Frieden du Parti populaire chrétien-social (CSV) se montre certes ouvert sur le fond, mais demande que l’on parle de "liberté publique" plutôt que de "droit positif". Cela éviterait aux médecins et aux hôpitaux d’être contraints de pratiquer des avortements, comme il l’a déclaré à RTL. Même parmi les partisans présumés, il existe donc des réserves considérables à l’égard de la formulation radicale initiale

La résistance à ce projet vient principalement des camps bourgeois et conservateurs. Le Parti réformiste démocratique alternatif (ADR) rejette ouvertement la modification constitutionnelle, tandis que les partis au pouvoir, le Parti populaire chrétien-social (CSV) et même le Parti démocratique libéral, font preuve d’une grande réserve. La ministre de la Santé, Martine Deprez (CSV), a souligné qu’une telle proposition "n’était pas prévue dans l’accord de coalition".

Contre la volonté populaire ?

Au sein de la population également, le soutien n’est pas aussi unanime que le prétendent les partisans de la proposition. Le cardinal Hollerich souligne que toutes les femmes ne sont pas d’accord avec un droit constitutionnel à l’avortement. Il est significatif qu’une pétition publique sur ce sujet n’ait recueilli que 558 signatures parmi les 670 000 habitants du Luxembourg, ce qui montre clairement que le besoin supposé d’une modification de la Constitution n’est pas aussi grand dans la population que le prétendent les initiateurs.

Graves conséquences pour la vie politique

Si l’avortement venait à être inscrit dans la Constitution, cela aurait de graves conséquences pour la structure politique du Grand-Duché, estime Mgr Hollerich. Qui met en garde avec insistance : "Je vois vraiment le danger que la minorité catholique soit alors poussée vers l’extrême droite." Il a déjà observé cette évolution à l’étranger. Il ne s’agit donc pas là d’une menace, mais d’une estimation réaliste. La protection de la vie n’est pas un sujet marginal, mais une mission de l’État, conclut-il.

Maurice PAGE pour cath.ch


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