La ministre Annelies Verlinden a rencontré les chefs des cultes ce mercredi: voici de quoi ils ont parlé…


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La ministre Annelies Verlinden a rencontré les chefs des cultes ce mercredi: voici de quoi ils ont parlé…
Il y avait du monde autour de la table de la ministre ce mercredi 17 septembre ©A. Verlinden
Par Vincent Delcorps
Publié le
3 min

La rencontre s'inscrivait dans le cadre d'un "conseil de dialogue" mis en place après les attentats de Bruxelles, en 2016. Hier, au cabinet de la ministre Verlinden, tous les cultes et la laïcité étaient représentés. Et il fut beaucoup question de Gaza...

C'est une habitude: en Belgique, c'est le ministre de la Justice qui a les Cultes parmi ses compétences. A ce titre, il lui revient notamment d'assurer la reconnaissance des cultes et de garantir la rémunération des ministres du culte. Suite aux attentats de Bruxelles, en mars 2016, un "conseil de dialogue" a aussi été mis sur pied. Sous la présidence du ministre de la Justice, il rassemble les représentants des cultes et de la laïcité. Si ce conseil est censé se réunir tous les six mois, dans la pratique, c'est la première fois que les cultes étaient invités au cabinet de la ministre Annelies Verlinden (CD&V).

Deux représentants pour l'Eglise catholique

Pas mal de monde autour de la table - une trentaine de personnes ! La ministre était accompagnée de membres de son cabinet et de l'administration. Tous les cultes et la laïcité organisée était représentés. C'est Bruno Spriet, secrétaire général de la Conférence des évêques, et Mgr Jean Kockerols qui représentaient l'Eglise catholique.

Les cultes avaient été consultés en amont pour élaborer l'ordre du jour. La réunion, qui a duré 1h15, a notamment permis d'aborder l'un ou l'autre cas particulier ainsi que des questions d'ordre technique - notamment relatives au statut du ministre du culte et au financement. Des changements en vue? Pas sûr. "La réponse habituelle consiste à dire qu'il n'y a pas de sou", relève Mgr Kockerols. "Si on veut davantage d'un côté, il faut réduire ailleurs".

Gaza, le gros morceau

L'essentiel de la réunion fut consacré à la situation à Gaza. Rappelons qu'en mai dernier, les chefs de culte et de la laïcité avaient signé une déclaration commune à ce propos, dont chaque mot avait été pesé, et qui reste d'actualité. Ils y plaidaient pour la libération des otages, l'instauration d'un cessez-le-feu. "Le conflit ne doit pas être importé ici et conduire à la polarisation ou à l'hostilité entre les communautés", écrivaient-ils aussi.

La réunion de ce mercredi permit une poursuit des échanges. "Nous sommes bien conscients qu'il y a là un entremêlement de questions politiques et d'ordre religieux", souligne Mgr Kockerols. "Mais les questions religieuses cachent en réalité l'aspect politique. C'est celui-ci qui rend la situation totalement injustifiable et insoutenable. La crise à Gaza n'est pas d'abord une question religieuse."

Désaccords autour de la table? "Les échanges furent assez sereins", poursuit Jean Kockerols. "Il n'y eut pas de grand débat mais c'était intéressant de pouvoir s'écouter. Juifs, chrétiens et musulmans, nous sommes sur la même longueur d'ondes pour dire qu'il y a là une question d'ordre politique. Nous sommes aussi d'accord pour dire que si le conflit devait être importé en Belgique, nous prendrions à nouveau le temps de la concertation entre cultes."

Pas de nouveau rendez-vous mais le désir de se revoir

La ministre, pour sa part, s'est montrée très à l'écoute. "Elle parle avec assurance, c'est une personne impressionnante, on a beaucoup de chance de l'avoir comme ministre de la Justice", reprend Jean Kockerols. "Elle s'est montrée très soucieuse d'une bonne collaboration entre les instances publiques et les cultes, on sent ses convictions.

Les invités se sont quittés sans reprendre date. "Mais pour ma part, je tiens à ce genre de rencontre et nous veillerons à ce que ce ne soit pas qu'un one-shot", insiste Jean Kockerols. "Ce n'est qu'en se voyant à une certaine régularité qu'on peut vraiment instaurer une relation de confiance. Le souci des cultes, et de l'Eglise catholique en particulier, est de montrer que nous sommes d'abord des citoyens et que nous avons un rôle à jouer dans le respect des lois, dans la vie en société, et en particulier dans la construction de la paix."

Vincent DELCORPS

Catégorie : L'actu

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