« Il a toujours cultivé l’art de débattre », « un discours imprégné de racisme »: la figure de Charlie Kirk divise les catholiques…


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« Il a toujours cultivé l’art de débattre », « un discours imprégné de racisme »: la figure de Charlie Kirk divise les catholiques…
La figure de Charlie Kirk divise les catholiques ©YouTube
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
3 min

L'influenceur assassiné la semaine dernière se réclamait du christianisme et d'une foi profonde. Ces derniers jours, de nombreux catholiques ont rendu hommage à cet homme qui défendait ses idées avec conviction. D'autres se montrent bien plus réservés. Sur les réseaux sociaux, le débat a été vif, y compris en Belgique.

Sur la page Facebook de CathoBel, le débat a été parfois tendu. Dans un article, CathoBel avait relayé les hommages rendus par le président Trump et le vice-président Vance à Charlie Kirk. Dans le même temps, notre média avait aussi précisé que l'homme était un influenceur ultra-conservateur et que "ses interventions étaient fréquemment teintées de racisme, de mysogynie et d'homophobie".

"Il a vaillamment combattu le wokisme"

Pour certains commentateurs, c'était là "salir la mémoire" du défunt. "Charlie Kirk a vaillamment combattu le wokisme qui gangrène notre société occidentale", réagit ainsi Guillaume Hoc. "Il a toujours su cultiver l’art de débattre et de dialoguer inlassablement avec ses opposants avec patience et respect". Même point de vue pour Fran Logan, qui souligne que ce "père de famille invitait à la réflexion et au débat". Avant d'ajouter: "je prie pour cet amoureux du débat et de la vérité (...) qui a exposé sa vie pour ce en quoi il croyait." "Il était important pour la jeunesse", ajoute Livio Sacristain. Réplique contrastée d'une internaute: "Un discours imprégné de racisme, de misogynie et d’homophobie - difficile de voir en cela les valeurs chrétiennes que certains prétendent défendre. Triste reflet de l’idéologie trumpiste, bien loin de l’Évangile."

"La maladie de notre temps ? La violence des mots"

Parmi les contributions plus substantielles, relevons celle du frère Laurent Mathelot, dominicain établi dans le diocèse de Liège et chroniqueur habitué de CathoBel. "On a bien sûr le droit de détester [les idées de Kirk]. De nombreuses fois, je l'ai trouvé en conflit avec mes convictions profondes", relève le dominicain. "On ne peut pas contester cependant qu'il ne pratiquait que le débat ouvert à la contradiction et qu'il a été tué lors de l'un de ces débats." Et encore: "La maladie de notre temps, c'est que la violence des mots est devenue comparable à celle des armes, ruinant toute possibilité de dialogue pour la paix."

C'est aussi à la question du dialogue que s'intéresse Pierre-Yves Dallenogare. Professeur de religion dans la région de Charleroi, cet habitué des réseaux sociaux tient toutefois à interroger la méthode de Kirk. "Charlie Kirk n'avait (...) aucune difficulté, vu son intelligence, pour mettre en difficulté qui entrait dans son jeu rhétorique en cherchant à prouver qu'il avait tort", estime-t-il. "Jésus, dont il se réclamait, n'avait pas recours à ce style de rhétorique sauf peut être ironiquement face à un esprit croyant se suffire à lui-même (ce que faisait peut-être Kirk, mais j'hésite)." Et encore: "Kirk était très redoutable pour faire se dégonfler des idéologies. Et il a certainement dû aider des interlocuteurs et interlocutrices à s'en libérer. Et en a énervé beaucoup d'autres. Dommage sans doute qu'il n'a pas suffisamment aidé ses afficionados à être critiques envers sa propre idéologie qui doit être mise en doute comme toutes idéologies."

Idéologie et religion

Dans une opinion parue ce mercredi sur cathobel.be, c'est Sofi Van Ussel, responsable de Kamino (la pastorale des jeunes diocésaine du Nord du pays), qui prend la plume. Elle estime que "le meurtre de Charlie Kirk met en lumière une tension douloureuse : une religion mêlée à l’idéologie qui entraîne les jeunes dans la division." Pour elle, il importe de "pouvoir offrir aux jeunes des espaces de sécurité dans leur quête de sens."

Sofi Van Ussel plaide pour une claire dissociation de la religion et de l'idéologie. "La foi devient un carburant pour les luttes politiques, au lieu d’être une source d’espérance et de rencontre". Elle termine par un cri du coeur qui est aussi une invitation: "Reste dans l’amour. C’est l’acte le plus courageux que tu puisses poser aujourd’hui. C’est le seul choix plus fort que la haine, plus puissant que la peur et plus grand que l’idéologie."

Vincent DELCORPS

Catégorie : Eglise Belgique

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