Voici les quatre points auxquels il faudra être attentif lorsque le nouveau pape se présentera à la « loggia »


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Voici les quatre points auxquels il faudra être attentif lorsque le nouveau pape se présentera à la « loggia »
Le 13 mars 2013, François apparaît au balcon ©KTO
Par Vincent Delcorps
Publié le
4 min

Les yeux de la planète sont rivés vers le balcon de la Place Saint-Pierre. D'ici quelques heures - ou dizaines d'heures - un nouveau pape s'y présentera. La scène qui se déroulera alors sera tout à la fois habituelle et unique. En tous les cas, elle donnera déjà des indices sur le pontificat qui s'ouvre...

C'est devenu un rituel. Lorsque les électeurs se seront accordés sur l'identité du futur pape, la fumée blanche jaillira de la cheminée la plus scrutée de la planète. Le cardinal protodiacre pourra alors solennellement proclamer "Habemus Papam". Avant de laisser place au nouveau chef de l'Eglise catholique. L'air de rien, la séquence en dira déjà long sur les années à venir. En particulier sur trois points.

1. L'identité du nouveau pape

C'est la première information. Celle que les journalistes tenteront de relayer le plus rapidement possible. C'est bien le cardinal protodiacre qui communiquera le nom de l'élu. Attention: il peut arriver que l'interprète en charge du direct télévisé ne saisisse pas parfaitement le nom - et se trompe dans sa restitution. Il faudra alors voir l'homme en blanc apparaitre pour le reconnaitre formellement.

Si le nouveau pape figurait parmi les "pressentis", c'est assez facilement que l'on sera en mesure de décrire quelques traits de son parcours, voire de sa personnalité. Si pas, quelques recherches seront nécessaires. Parmi les éléments qu'il faudra pointer, relevons son pays d'origine (plutôt du Vieux continent ou des marges?), son âge (le pontificat risque-t-il d'être long ou bref?), son éventuelle appartenance à une congrégation religieuse (verra-t-on un augustinien succéder à un jésuite?), et le style (un gestionnaire ou un prophétique?).

Attention: si ces quelques éléments donneront des indications, nous éviterons d'enfermer le nouveau pape dans les caractéristiques de l'ancien cardinal. Une fois sur le trône de Pierre, des personnalités peuvent se déployer, se révéler - ou évoluer.

2. Le nom du nouveau pape

C'est l'une des premières décisions que le pape élu est appelé à prendre: se choisir un nom de pape. Dans son autobiographie, le pape François raconte que c'est en plein conclave, grâce à une intervention du cardinal brésilien Humnes qu'il choisit son nom. "Alors que le scrutin se poursuivait", écrit-il, "Hummes s'approcha à nouveau, m'embrassa et me dit: 'N'oublie pas les pauvres...'. Et c'est là que j'ai choisi le nom que je porterais en tant que pape: 'François'".

Le nom choisi a-t-il déjà été porté par un pape par le passé? C'est souvent le cas (et, de ce point de vue, le choix de François constituait une notable rupture). Une rapide analyse du pape précédent ayant porté ce nom peut être indicative. De même, s'intéresser au saint (ou aux saints) auquel le nom de se réfère peut ne pas être inutile. Attention aux analyses péremptoires: il faut parfois attendre que le principal intéressé lui-même justifie son choix pour en apprendre davantage.

Dans ce cas-ci, à quoi s'attendre ? François II, Benoît XVII et Jean-Paul III semblent hautement improbables. En revanche, pourquoi pas un... Paul VII? Ou un Jean-François ?

3. La tenue du nouveau pape

En la matière, c'est François qui a innové. Le 13 mars 2013, pour sa première apparition, François se présente tout en blanc, sans mosette ni étole dorée. Portant seulement sa croix d'archevêque. Par rapport à tous ses prédécesseurs: la rupture est claire. Et annonciatrice d'un pontificat qui sera marqué du sceau de la simplicité. Après François, voir un pape habillé comme Benoît XVI provoquerait un contraste peut-être malvenu. Pour autant, le nouveau Pape copiera-t-il François? Ce point sera scruté de près.

4. Les propos et le style du nouveau pape

En 2005, lorsque Benoît XVI apparaît, il lèvre les bras au ciel et se montre souriant. En 2013, François, lui, a plutôt l'air grave. Emu peut-être. Mais dès qu'il prend la parole, quelque chose se produit: "Fratelli e sorelle, buonasera". Des mots qui frappent par leur... simplicité! Il parle aussi de fraternité et d'évangélisation. Avant de proposer un temps de prière. François demande que l'on prie pour Benoît XVI, puis pour lui-même - comme il le fera si souvent.

Que dira donc le successeur de François lors de sa première apparition au balcon ? Quel sera son style ? Quelle impression dégagera-t-il ? Nous devrions... bientôt le savoir.

Vincent DELCORPS

Catégorie : Eglise monde

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