Aux origines française, italienne et espagnole du pape Léon XIV, il faut ajouter des racines en Louisiane et en Haïti. Un métissage parfait pour incarner un pape universel, appelé à voyager. En Turquie pour commencer et, qui sait, en Ukraine…
Né d’un père d’origine française et italienne, et d’une mère espagnole, le premier pape né aux Etats-Unis a aussi des racines noires et créoles, rapporte le site catholique américain OSV News. C'est ce qu'a établi Jay Honora, un généalogiste de la Nouvelle-Orléans. Les grands-parents maternels de Léon XIV, Joseph Martinez et Louise Baquié, étaient en effet répertoriés sur plusieurs documents de recensement comme étant noirs ou mulâtres. Mais une fois établi à Chicago, entre 1910 et 1912, la famille a commencé à s'identifier comme blanche. Cette pratique - connue sous le nom de "passer à blanc" - était alors un moyen courant d'éviter la discrimination raciale.
"Le métissage fait de bonnes choses"
Jay Honora a fait part de ses recherches aux archidiocèses de Chicago et de la Nouvelle-Orléans, et prévoit de mettre sur pied une exposition à partir des registres paroissiaux. Il espère également que sa découverte attirera "une plus grande attention" sur l'histoire des catholiques noirs du pays, et en particulier sur la cause en béatification d'Henriette Delille, fondatrice des Sœurs de la Sainte-Famille en 1842, dont l'ascendance "est exactement la même que celle du Saint-Père", a-t-il relevé.
Outre le fait que cette découverte éclaire la riche histoire multiraciale de la nation américaine, elle rappelle aussi que "le métissage fait de bonnes choses", a indiqué pour sa part Mgr Jean-Luc Brunin, évêque du Havre (ville d'origine de la grand-mère paternelle du nouveau pape). Ajoutant: "A une époque où certains se remettent à parler d’identité 'pure', (…) ce pape aux origines diverses, Américain mais qui a aussi été naturalisé péruvien, laisse augurer un beau pontificat".
Un déplacement en Turquie
Avec un tel métissage, et parlant plusieurs langues, on peut supposer que Léon XIV sera appelé à parcourir la planète. Il a en tout cas confié à des journalistes qu’il préparait un voyage en Turquie à l’occasion du 1700e anniversaire du Concile de Nicée.
Ce voyage à forte dimension œcuménique faisait partie des projets envisagés par le pape François avant son décès. Le Concile de Nicée, qui a permis de fixer pour la première fois un credo – profession de foi chrétienne – s’est ouvert le 24 mai 325. Mais il semble peu réaliste que Léon XIV puisse se rendre là-bas à cette date.
Invité en Ukraine
Autre destination envisageable : l'Ukraine. Il y est invité en tout cas. Quatre jours après son élection, Léon XIV était en effet déjà à l’œuvre sur le front diplomatique. Lors du Regina Cæli, le 11 mai, il lançait un message spécial au "peuple ukrainien bien-aimé" qu’il "porte dans [son] cœur", et plaidait pour une "paix authentique, juste et durable". Le lendemain, il parlait au téléphone avec Volodymyr Zelensky. Au cours de cette conversation qualifiée par le président ukrainien de "très chaleureuse et véritablement substantielle", le président Zelensky dit avoir abordé "la question des milliers d’enfants ukrainiens déportés par la Russie" et confié compter sur le Vatican pour les ramener "auprès de leurs familles".
Il a aussi réaffirmé la volonté de l’Ukraine de poursuivre les négociations "sous n’importe quel format, y compris des pourparlers directs". Et a conclu son message sur le réseau social X en expliquant avoir invité le pape Léon XIV en Ukraine. "Une telle visite apporterait un véritable espoir à tous les croyants et à l’ensemble de notre peuple."
Condamnation ferme de l’invasion russe
A noter qu'avant d’être élu pape, le cardinal Robert Francis Prevost avait condamné fermement l’invasion russe en Ukraine. Dans un entretien vidéo publié en 2022 par ’hebdomadaire Semanario Expresión, il dénonçait une "authentique invasion impérialiste russe" et parlait aussi de crime contre l’humanité commis en Ukraine.
Pierre GRANIER (avec cath.ch)

