Alphonse Borras présente les 10 acquis majeurs du Synode


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Alphonse Borras présente les 10 acquis majeurs du Synode
Par La rédaction
Publié le
4 min

Ce mardi 18 février avait lieu, au sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon, une conférence débat sur le thème : "Quelle espérance pour l’Église en 2050 ?". Qui de mieux placé pour y répondre que l'abbé Alphonse Borras, expert puis consulteur lors du synode sur la synodalité à Rome ? Pour le théologien liégeois, "la mise en œuvre du synode est un engagement de tous pour approfondir les acquis de Vatican II".

Le témoin d’espérance de la conférence de ce mardi 18 février était l’enfant d’Outremeuse, Alphonse Borras, devenu prêtre et théologien de niveau international. Il fut au cœur d’un des plus grands événements de l’Eglise Catholique à Rome en 2023 et en 2024: en tant qu’expert puis consulteur de la XVIe assemblée synodale des évêques. Ce synode signifie littéralement « une marche ensemble », un remarquable processus d’écoute et de consultation, puis un arrêt et une prise d’orientation, comme dans l’épisode des disciples d’Emmaüs qui rencontrent Jésus ressuscité.

Lancé en 2021, le synode a été bien préparé partout dans le monde. Sur les 114 conférences épiscopales, seulement deux n’ont pas apporté de rapports: la Chine et l’Iran. La seconde assemblée synodale de 2024 a rassemblé 357 participants dont 90 non-évêques, en particulier 50 femmes, religieuses et laïques, représentant environ 15% des membres votants, une première historique.

Cette dynamique synodale avait un triple enjeu : une Église inclusive (Communion : avoir part), participative (prendre part) et missionnaire (faire part).

© JG-AD / sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

Dix acquis majeurs du synode selon l’abbé Borras :

1. Ce fut l’occasion de faire le point sur les suites du grand concile Vatican II qui fête ses 60 ans. L’Eglise dans son ensemble prend conscience qu’elle n’est pas une multinationale pyramidale mais une communion d'Églises locales, incarnées par des diocèses. C’est l’unité dans la diversité. L’Eglise est une et catholique.

2. Le pape François consolide un triple niveau : les plans locaux, régionaux (comme le conseil continental d'Amérique Latine) et globaux, vers une Eglise polycentrée. Le synode s’est préparé pour l’Europe lors de la session de Prague, avec un enjeu important : l’immigration.

3. De la « doctrine » à la Tradition vivante; saint Paul disait transmettre ce qu’il avait reçu : l’expérience de la rencontre du ressuscité, entrons en dialogue; l’Eglise se fait conversation; hiérarchie des vérités (les révélées comme le credo, et les autres) et inculturation de la foi. En 2015, François a dit : « La synodalité est le chemin que Dieu veut pour son Église et cela prend beaucoup de temps, des siècles. »

4. Dignité baptismale et diversité des charismes et ministères : coresponsabilité différenciée (cf. DF 7, 26, 28, 36, 48, 63, 74, 77, 80, 89, 134)

5. La place des femmes dans la vie, la mission et la gouvernance (DF 60) a été remise à l’agenda

6. Examen de l'accès au diaconat n°60

7. Mise en exergue de l’héritage du concile oeucumenique des Églises Articulation un (catholiques autour d’une personne) - tous (communautaires, calvinistes, super démocratiques) - quelques-uns (conception de style anglicane). Pour nous catholiques, goûtons plus les fonctionnements communautaires.

8. Principe « d'accountability », rendre compte et évaluer les actions (DF 95-102), notamment à la suite du scandale des abus, sortons de l’entre soi épiscopal, ayons un langage clair et transparent, ce qui implique un changement de culture dans l'Église, DF n° 102 in fine)

9. Consultation/délibération en Église: le synode abolit le « tantum consultivum » (DF 92), « n’est que consultatif » devient « consultatif », c’est à dire qu’il tend vers la délibération, notamment par un processus de vote

10. Le caractère obligatoire des Conseils pastoraux. «Les organismes de participation constituent l'un des domaines les plus prometteurs pour agir en vue d'une mise en œuvre rapide des orientations synodales, conduisant rapidement à des changements perceptibles » (DF 103).

© JG-AD / sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon

Et maintenant, au tour des Eglises locales d'emboîter le pas !

Alphonse Borras a insisté sur la phase actuelle de mise en œuvre du synode qui vient d'avoir lieu en octobre. Ce synode a été voulu par le pape François pour approfondir les grands acquis du Concile Vatican II, comme la dignité de tous les baptisés, la diversité dans le peuple de Dieu, les différents charismes et ministères, l'attention aux églises locales, et l'importance de la mission.

Maintenant, il revient aux églises locales, aux pasteurs et à leurs diocèses, de prendre en charge ce qu'ils estiment devoir approfondir et surtout mettre en œuvre. Ce n'est pas une question d'une démarche intellectuelle sur des idées et des concepts, c'est une question d'expérience ecclésiale, de marcher ensemble, de prendre le temps de discerner ensemble ce qui suppose l'écoute, le dialogue et la volonté d'aboutir à des consensus. La phase de mise en œuvre en appelle donc à l'engagement de tous et de chacun et de chacune d'entre nous.

🎥 Résumé en 2 minutes de la conférence :

Texte : Sanctuaire de sainte Julienne de Cornillon
(Titre, intertitres et chapeau de la rédaction)


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