Une BD aborde la question de la garde alternée sur la base d’une étude universitaire rigoureuse sur le sujet.

Lancée il y a quelques années, l’étude européenne MobileKids s’est intéressée aux conditions de vie des jeunes vivant en garde alternée auprès de leurs parents. Une BD rend compte de ce travail.
En Belgique, un tiers des enfants vivent en garde alternée, un mode de vie répandu depuis bientôt deux décennies. Pour aborder cette thématique, quatre vies de jeunes sont rapportées sous forme d’histoires scénarisées en bandes dessinées. Avec Kim, focus sur l’attachement à un vieux canapé, qui remonte à l’ancienne habitation d’avant la séparation parentale, Douglas, lui, se retrouve coincé entre les disputes parentales, tandis que Lily doit cohabiter avec une autre ado de son âge. Enfin, Sascha grandit entre un univers d’enfant unique et celui d’une famille recomposée avec de jeunes enfants. Ces quatre profils incarnent des histoires véridiques dans des atmosphères contrastées. Comme le souligne Laura Merla, l’une des deux sociologues de l’UCLouvain investies dans le projet, la bande dessinée Deux toits un chez-moi ? s’adresse à un public multiple : les jeunes, les parents et les familles, mais aussi les enseignants "qui travaillent les questions familiales dans leurs cours et l’ensemble des professionnels qui accompagnent les jeunes, que ce soit dans le domaine de la famille ou de l’aide et la protection de la jeunesse".
Des îles plus ou moins proches
Un vocabulaire maritime illustre les types de vie déployés à partir des quatre témoignages. En effet, l’ensemble est considéré sous la forme d’un archipel, un groupement composé en l’occurrence de deux îles, chacune étant un foyer parental. Que les enfants disposent d’une chambre individuelle ou qu’elle soit partagée, l’essentiel est qu’ils parviennent à s’approprier un espace qui leur appartienne. La décoration personnelle peut ainsi renforcer l’attachement à un lieu spécifique, tout comme l’atmosphère du foyer qui conforte le fait de se sentir chez-soi, accueilli et pleinement intégré. Pour tous ces adolescents, le rôle utile des objets est à souligner, puisqu’ils sont à la fois des repères et permettent d’assurer une forme de continuité et de "la stabilité dans le mouvement", selon Laura Merla. Enfin, il est à noter que la circulation d’une île vers une autre se trouve plus ou moins facilitée voire encouragée, selon qu’il s’agisse d’une île ouverte ou d’une forteresse.
Angélique TASIAUX
Falzar, Merla, Nobels, Pacotine, Deux toits un chez-moi ? Kennes - Les 3 as, collection Ensemble, 2024, 64 p.

