Commentaire de l’Evangile du 12ème dimanche du Temps Ordinaire B : “Sereinement, dominer les flots avec Jésus”


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Commentaire de l’Evangile du 12ème dimanche du Temps Ordinaire B : “Sereinement, dominer les flots avec Jésus”
Brueghel l’Ancien , 1596 Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée.
Par Benoît LOBET
Publié le
3 min

Dans l'Evangile du jour [Marc 4, 35-41], Jésus arrête une tempête. Le fils de Dieu est venu pour vaincre le mal et, comme on le constate déjà ici, cette victoire est en marche. "Oh certes, pour la voir il faut les yeux de la foi" commente l'abbé Benoît Lobet.

Lorsque le visionnaire de l’Apocalypse décrit le Royaume de Dieu enfin advenu, il dit avoir vu "un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n’est plus." (Ap 21, 1) Zut alors! Dans le paradis à venir, dans la création renouvelée, il n’y a donc plus de mer? On ne verra plus le bleu si bleu de la Méditerranée, les plages si blondes sur lesquelles il est agréable de musarder avant d’aller plonger dans les eaux transparentes? Eh non: c’est que, dans la représentation des cosmogonies antiques, la mer, résidu du chaos primitif, est restée le lieu du mal, le séjour où croupissent les puissances nuisibles de l’abîme – des puissances que l’on voit s’agiter et frémir par gros temps, lorsque surgissent les tempêtes.

Les tempêtes: de quoi effrayer ces piètres marins que sont les disciples de Jésus, sans doute de bons pêcheurs mais qui redoutent les flots en furie, précisément parce qu’ils sont à leurs yeux une manifestation du mal. La barque se remplit d’eau, fragile embarcation prête à chavirer. Pourtant, ce déferlement ne semble pas inquiéter Jésus: il dort. On le bouscule, on le réveille: comment peut-il dormir face à ce danger qui menace de les faire périr? Mais lui, réveillé, d’un mot arrête la tempête.

Jésus a montré qu’il est déjà vainqueur du mal. Les eaux tourmentées peuvent bien gronder, sa présence divine se contente d’une injonction pour les calmer. En lui est la puissance de Vie des vrais vivants, en lui déjà le Règne est accompli – il est venu pour vaincre le mal et cette victoire est en marche! Oh certes, pour la voir il faut les yeux de la foi – et c’est bien ce manque de foi qu’il va reprocher aux disciples, ce manque qui en eux a suscité la panique et la peur.

"Nous sommes embarqués", disait le grand Pascal. Nous aussi, nous voguons dans un monde qui très souvent manifeste son hostilité et la force destructrice de ses démons. Nous aussi, nous sommes effrayés par les guerres stupides et meurtrières, les injustices honteuses, les replis égoïstes, les manques de générosité, les aveuglements volontaires face aux enjeux environnementaux, les disparités scandaleuses entre populations du Nord et du Sud qui pourtant vivent en voisines sur une même petite planète. Oh oui, nous aussi, nous avons de quoi être découragés. Mais le Vivant, lui, est avec nous, assoupi peut-être mais présent et déjà victorieux. Nous ne voyons pas encore la plénitude de sa victoire? Bien sûr. C’est peut-être que notre regard n’est pas assez fin, assez intérieur, suffisamment aiguisé par notre foi…

Benoît Lobet

Catégorie : Sens et foi

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