La solidarité internationale : grande absente des programmes électoraux 2024


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La solidarité internationale : grande absente des programmes électoraux 2024
Par Armelle Delmelle
Publié le
3 min

La campagne électorale se termine et à l’approche du 9 juin une question reste en suspens : où est la solidarité internationale dans les programmes ? À bien y regarder, elle ne s'y trouve pas dans la plupart d'entre eux et si elle y est, c’est à la toute fin. À quelques jours des différents scrutins, cela inquiète les ONG belges qui travaillent à l’international.

La solidarité internationale désigne l'ensemble des actions et des principes visant à promouvoir la coopération, l'entraide et le soutien mutuel entre les nations. Dans le but, entre autres, de réduire les inégalités mondiales et de répondre aux défis globaux tels que la pauvreté, les crises humanitaires, le changement climatique et les conflits. Sur le papier, on pourrait penser qu’il serait logique pour nos (futurs) dirigeants de s’y intéresser dans le cadre de leur campagne.

Cependant, d’après Axelle Fischer, secrétaire générale d’Entraide et Fraternité, si ces points de programmes existent, c’est grâce au travail de la société civile. "Par exemple, avec les apéros politiques du CNCD, nous avons forcé les représentants des partis à se retrouver face aux représentants d’associations et aux citoyens qui leur posent des questions pointues. Et ils sont obligés de prendre position", nous explique-t-elle dans Décryptages.

Le point dans les programmes

Du côté francophone du pays, le PS met l'accent sur la solidarité à la fois nationale et internationale, en promouvant la justice sociale et la coopération au-delà des frontières de la Belgique. De même, le PTB met l'accent sur la solidarité internationale dans son programme, en plaidant pour une justice sociale mondiale et en s'opposant aux politiques impérialistes, ce qui reflète sa position d'extrême gauche.

Les verts (Ecolo et Groen) maintiennent, eux aussi, un engagement fort en faveur de la solidarité internationale, notamment par le biais de leurs politiques en matière d'environnement et de droits humains. Ils plaident en faveur d'une durabilité écologique mondiale et d'une coopération internationale sur les questions climatiques. Sans grand étonnement, la solidarité est moins présente dans les programmes des partis de droite et des partis nationalistes.

Le financement promis

La logique belge de faire des coalitions signifie aussi que les partis doivent faire des sacrifices dans leurs programmes respectifs pour arriver au pouvoir. Pour savoir si les quelques points concernant la solidarité internationale seront retenus dans les négociations, il faudra donc encore attendre quelques semaines.

Quoi qu’il en soit, la Belgique s'est engagée à consacrer 0,7 % de son revenu national brut (RNB) à l'aide publique au développement (APD) dans le cadre de ses efforts de solidarité internationale. Cet engagement s'aligne sur les objectifs des Nations Unies pour le développement durable. Cependant, la Belgique a du mal à atteindre cet objectif. Ces dernières années, l'APD de la Belgique s'est rapprochée de 0,47 % de son RNB.

Ce que craint Gilles Cnockaert, porte-parole de Caritas International en Belgique, c’est que ces financements finissent par disparaître. Interrogé à ce sujet dans Décryptages, il nous confie entendre auprès des administrations que la société civile doit se préparer à un désinvestissement dans la solidarité internationale. Il s’interroge : "La société civile parvient-elle encore à concerner les politiques, les médias et les citoyens pour ces enjeux ?"

Un enjeu mondial

Il va de soi que ce n’est pas la Belgique seule qui réglera les problèmes mondiaux, mais son engagement et sa contribution sont essentiels dans le cadre des efforts collectifs internationaux. La solidarité internationale, en dépit des défis budgétaires et politiques, reste un pilier indispensable pour construire un monde plus équitable et durable. Les ONG insistent sur le fait que ce n'est qu'à travers une coopération mondiale renforcée que les objectifs de développement durable pourront être atteints et que les générations futures pourront bénéficier d'un avenir plus prometteur.


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