Théâtre : « Au voleur, à l’assassin… »


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Théâtre : « Au voleur, à l’assassin… »
Un quiproquo familial devenu culte. © Gaël Maleux
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

En ce début d’année, L’Avare fait son retour sur les planches bruxelloises. L’occasion de (re)voir un grand classique !

Sujet intemporel, l’avarice compte encore de fervents adeptes au XXIe siècle. Tous, nous connaissons des gens qui thésaurisent et sont d’une frugalité absolue. C’est dire si cette thématique résonne encore dans l’air du temps. Par ailleurs, les pièces dites classiques sont plus rarement à l’affiche des théâtres contemporains, ce qui les rend d’autant plus précieuses aux yeux des amateurs de ce type de textes. A fortiori lorsque la mise en scène ne revêt pas des allures postmodernistes.

Un plateau cerné de multiples tiroirs symbolise l’âpreté au gain du propriétaire des lieux. Pensez donc, un fruit exotique comme une banane s’y trouve consignée ! Austères, les murs de tiroirs servent de support tout au long de la représentation, permettant même au maître de s’y jucher.
Père de famille armé d’un trousseau de clefs, celui-ci n’a qu’une préoccupation : son argent, qu’il cherche à cacher au reste du monde et à faire croître par l’usure. Quitte à marier sa fille sans dot ou son fils à une veuve, tandis que lui-même épouserait une jeune fille forcément économe en seconde noces.

Un thème actuel

Pour cette pièce, représentée dès 1668, Molière s’est inspiré du dramaturge latin Plaute, qui avait déjà campé une comédie mettant en scène un barbon. « Harpagon n’est pas un homme animé par des ressorts psychologiques, mais un homme obsédé. Il aime l’argent comme s’il avait contracté une maladie, dans la même fatalité. (…) Aujourd’hui l’argent tient un tel rôle à notre époque qui le glorifie et qui accepte tout en son nom, que la préoccupation d’Harpagon est devenue celle des spectateurs. La pièce montre ce que l’argent fait de nous, à quel point il manipule les intentions des personnages. En ce sens la pièce est très moderne », constate Michel Bouquet, dans un ouvrage publié aux éditions Philippe Rey.

Reconnaissons-le, la prestation de Louis de Funès dans la pièce portée à l’écran en 1980 induit quelques comparaisons implicites avec le jeu de Michel Kacenelenbogen, Harpagon sur scène et codirecteur du théâtre Le Public. Quand le cinéma s’empare d’une pièce et en fait un film à succès, il y a fort à parier que la comparaison s’impose presque malgré soi. Qui n’a encore en tête certaines tirades mémorables comme celle de « Au voleur, à l’assassin… » ?

Un ensemble cohérent

La réflexion menée autour des costumes, anciens mais pas nécessairement d’époque, apporte un plus au jeu des comédiens. Elle soutient le texte sans l’effacer. Reste que la diction se doit d’être impeccable (sans être excessive) pour être audible, même au fond de la salle.

La longueur de la pièce, jouée sans entracte, ravira les habitués du théâtre, loin d’un papillonnement propice au changement successif d’activités. Elle impose aussi une immersion dans une langue plus ancienne, pour la plus grande joie des amateurs de pièces classiques. Voilà une belle occasion d’initier les plus jeunes à l’histoire théâtrale, dans un accompagnement pédagogique approprié.

Angélique TASIAUX

L’Avare est à voir jusqu’au 27 janvier au théâtre Le Public.

Catégorie : Culture

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