Expo Josef Hoffmann : Place à la beauté !


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Expo Josef Hoffmann : Place à la beauté !
Josef Hoffmann. (D.R.)
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Qui n'est déjà passé devant le palais Stoclet dans l'avenue de Tervueren, à Bruxelles? Ce fleuron est issu de l'esprit talentueux de Josef Hoffmann. Une rétrospective consacrée à l'architecte laisse entrevoir la variété des productions de cet amateur éclectique de beauté.

Les grandes salles du Musée Art & Histoire (anciennement nommé le Cinquantenaire) se prêtent particulièrement bien à ce genre de rétrospectives, qui mettent notamment en valeur des maquettes et des reconstitutions grandeur nature.

Avec Josef Hoffmann, nous traversons le XXe siècle, depuis sa naissance en Moravie (en 1870), dans l'Empire austro-hongrois, à ses débuts viennois, avec la fondation des Wiener Werkstätte (ateliers viennois) en 1903, suivis des heures turbulentes de la Seconde Guerre mondiale, avant une nouvelle période créative plus paisible lors de l'après-guerre. Les spécialistes du design ne manquent pas de souligner combien Hoffmann n'a cessé de se renouveler, tout au long de sa carrière professionnelle qui a compté six décennies, et d'influencer les jeunes créateurs, parmi lesquels Le Corbusier.

Un adepte de l'Art total

Pour Josef Hoffmann, qui officie à la fois comme architecte et comme designer, la promotion de la beauté passe par l'ensemble du mobilier, allant des poignées de porte au motif des carrelages. Celui-ci est conçu pour correspondre pleinement à l'ensemble. Les choix des formes, des matières et des couleurs se complètent résolument. Des croquis sur papier à carreaux sont présentés aux visiteurs, pour souligner l'attention du créateur portée au moindre détail. Un film documentaire retraçant l'épopée de l'architecte installé à Vienne complète l'exposition de pièces variées de mobilier, aussi disparates qu'un tabouret de cuisine, des couverts en argent ou une loge d'artiste. La singularité de la démarche d'Hoffmann repose précisément sur la variété des supports.

Un engagement social accru

Hoffmann était non seulement un grand concepteur, mais aussi un progressiste en matière sociale. En effet, les ouvrières engagées dans son entreprise gagnaient alors un salaire équivalent à celui de leurs homologues masculins. Artisans et artistes signaient alors concomitamment leurs œuvres. Et Hoffmann n'a pas uniquement signé des plans pour des mécènes, il a également conçu des projets immobiliers d'appartements d'envergure plus modeste. Pourtant, à côté de ses préoccupations sociales, Hoffmann n'en a pas moins englouti des sommes colossales pour réaliser ses projets, certaines fortunes familiales y disparaissant.

Chez les Stoclet

En marge de la rétrospective consacrée à Josef Hoffmann, une autre exposition temporaire complète la compréhension de son travail: Stoclet 1911 – Restitution. Le temps d'une immersion filmée, les visiteurs de l'exposition sont invités à découvrir l'intérieur du palais Stoclet (inaccessible au public), en parcourant quelques pièces. Le salon de musique avec une peinture de Fernand Khnopff, la salle à manger ornée de deux frises en mosaïques, longues chacune de sept mètres, de Gustav Klimt, ou encore la cuisine sont ainsi reconstitués comme dans les années 1911-1918, l'année 1911 marquant la fin d'un chantier de six ans.
C'est à la suite d'un séjour à Vienne que le couple Stoclet a découvert le travail de Josef Hoffmann. Séduit par celui-ci, il lui a commandé la réalisation d'une habitation familiale sur l'avenue de Tervueren, entre les arcades du Cinquantenaire, inauguré en 1905, et le palais de Tervueren, inauguré cinq ans plus tard. La maison-écrin abrite de nombreux chefs d'œuvre collectionnés par le couple. Depuis 2009, l'inscription du palais Stoclet à la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO couronne d'ailleurs la valeur de l'édifice.

Bruxelles à l'heure de l'Art nouveau

Dans le prolongement de l'année 2023 consacrée à l'Art nouveau à Bruxelles, l'exposition Josef Hoffmann, sous le charme de la beauté poursuit l'attention portée aux embellisseurs du quotidien. La salle d'exposition dans laquelle prend place la rétrospective sera dévolue, d'ici la fin de l'année 2024, aux collections Art nouveau et Art Déco belge du musée du Cinquantenaire. Celui-ci avait débuté ses reconstitutions avec celle du magasin Wolfers, alors imaginé par Victor Horta. Il sera, d'ici peu, complété par le jardin d'hiver de la maison Cousin, lui aussi œuvre d'Horta.

Angélique TASIAUX

L'exposition Josef Hoffmann, sous le charme de la beauté est à voir jusqu'au 14 avril au Musée Art & Histoire. Infos: www.artandhistory.museum/fr/node/61

Catégorie : Culture

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