À la veille du Synode, retour sur un weekend historique à Rome


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À la veille du Synode, retour sur un weekend historique à Rome
© Emmanuel Van Lierde
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Le pape François publiera ce mercredi 4 octobre - jour de la fête du saint d'Assise dont il a choisi le nom - l'exhortation Laudato Deum (Loué soit Dieu), un complément et une mise à jour de son encyclique de 2015, Laudato Si'. Dans le même temps, il ouvrira le synode sur la synodalité par une eucharistie à laquelle seront également présents les 21 cardinaux créés samedi dernier. Il va se passer une foule de choses à Rome ces prochains jours.

La veillée œcuménique organisée dans l’après-midi du 30 septembre 2023 sur la place Saint-Pierre a réuni, le pape François, les cardinaux, les participants au Synode sur l’avenir de l’Église et des chefs d’Églises chrétiennes, notamment le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier et le primat anglican Justin Welby. © Emmanuel Van Lierde

En marge d'un synode, il y a toujours beaucoup de choses à l'ordre du jour : des rencontres informelles, des symposiums, des présentations de livres…. Le vendredi 29 septembre, par exemple, eut lieu la présentation de la traduction italienne du livre du cardinal Jozef De Kesel sur le christianisme dans la culture séculière et le retour vers une église humble, petite, convaincue et ouverte.

La version italienne de ce livre portait judicieusement le titre de 'Cristiani in un monde che non lo è +'. Si, en Flandre, ils sont beaucoup à connaître la vision du cardinal ; en Italie et pour de nombreux participants au synode, il s'agit d'un nouveau son de cloche sur le sujet "être chrétien dans un monde qui ne l'est pas (ou plus)".

L'archevêque Vincenzo Paglia, de l'Académie pontificale de la vie, et Massimo Borghesi, professeur de philosophie morale à l'Université de Pérouse, ont tous deux trouvé qu'il s'agissait d'un livre courageux dans l'esprit du document conciliaire 'Gaudium et Spes'.

L'exil est perçu comme une tragédie, mais les chrétiens devraient apprendre à le considérer comme une opportunité, un moment de revitalisation qui les encourage à s'engager dans le monde. Le livre de De Kesel s'inscrit pleinement dans les priorités mises en avant par le pape François : une Église humble et pauvre, qui prend à cœur le soin des pauvres et de la terre, et qui entre en dialogue avec tous en vue du bien commun, avec la conviction que les rencontres surmontent les inimitiés.

Présentation du livre du cardinal De Kesel. © Emmanuel Van Lierde

Nouveaux cardinaux

Tout le week-end était placé sous le signe de ces rencontres, avec pour devise "Ensemble". Les jeunes, en particulier, ont été invités à Rome pour participer à des ateliers et à des moments de prière. Le samedi matin, un consistoire avait lieu, place Saint-Pierre, pour la création de 21 nouveaux cardinaux, parmi lesquels 18 sont âgés de moins de 80 ans et ont donc le droit de voter en cas d'élection du pape.

Parmi eux, trois nouveaux préfets de dicastères de la Curie (comparables à des ministères) sont devenus cardinaux : Robert Francis Prevost, chargé des évêques, Claudio Gugerotti des Eglises orientales et Victor Manuel Fernández de la Doctrine de la Foi.

Trois nonces (ambassadeurs du pape) ont également été distingués, ainsi que le patriarche de Jérusalem et le supérieur général des Salésiens. Dans son homélie, le pape a estimé qu'il était particulièrement important que les nouveaux cardinaux comptent parmi eux des archevêques de toutes les parties du monde, unis par et dans l'Esprit Saint.

L'homélie a été suivie par la création proprement dite des cardinaux, au cours de laquelle François a apposé la barrette rouge sur chacun des élus, leur a passé l'anneau et a remis la bulle portant leur titre d'église.

© Emmanuel Van Lierde

Une impressionnante veillée de prière

Une impressionnante veillée de prière œcuménique a suivi le jour même sur la même place pour "confier à l'Esprit Saint le travail du Synode". C'était une idée de frère Alois de Taizé. De nombreux responsables d'autres Églises chrétiennes s'étaient unis autour du pape pour cette prière, notamment le patriarche Bartholomée de Constantinople, l'archevêque de Canterbury Justin Welby, le patriarche Theophilos III de Jérusalem, le patriarche syrien Ignace Ephrem II, la luthérienne Anne Burghardt et l'archevêque des Vieux-catholiques, Bernd Wallet.

Un témoignage œcuménique aussi puissant peut être qualifié de carrément historique.Il a montré que le processus synodal est vraiment un voyage ensemble de tous les chrétiens, de tout le peuple de Dieu. Avec des milliers de jeunes présents, on a rendu grâce pour les dons de l'unité, de l'autre que l'on peut rencontrer, de la paix et de la création. La place avait d'ailleurs été transformée en jardin pendant ce temps de création.

La veillée a été suivie d'un repas du soir avec les nouveaux cardinaux, les participants au synode et une délégation de jeunes. Ensuite, les cardinaux et les participants au synode sont immédiatement montés dans le bus pour partir en retraite pendant trois jours. En effet, l'événement synodal commence par l'écoute de la Parole de Dieu et par la prière. Dans son discours lors de la veillée, François a souligné l'importance de ce "grand silence". Il ne s'y est toutefois pas rendu lui-même.

Il est resté à Rome et y a prononcé dimanche sa prière habituelle de l'Angélus. Il y a déjà annoncé une prochaine exhortation sur Thérèse de Lisieux, qui sera publiée le 15 octobre, jour de la fête de cette autre sainte Thérèse d'Avila.

© Emmanuel Van Lierde

Texte et photos : Emmanuel Van Lierde
Traduction : CathoBel


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