S'exprimant devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York sur la guerre qui ravage la Terre sainte, l'observateur permanent du Saint-Siège, Mgr Gabriele Caccia, a exhorté les autorités israéliennes et palestiniennes à faire preuve de courage en faveur de la paix en acceptant d'œuvrer pour la solution à deux États.

"La guerre est toujours une défaite, elle est une destruction de la fraternité humaine. Frères, arrêtez ! Arrêtez !"
Les mots poignants du Pape François, plaidant pour la paix et la fin de la violence en Terre Sainte, ont résonné fortement sur la Place Saint-Pierre lors de la prière de l'Angélus le dimanche 22 octobre.
Des degrés "déplorables" de souffrance pour les civils
Ces propos ont été repris à New York cette semaine dans une déclaration que l'observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies a adressée au Conseil de sécurité sur la crise. Et ce, dans un contexte de blocus de la bande de Gaza et de bombardements incessants menés en représailles, de risques concrets d'extension du conflit et d'aggravation des tensions internationales.
Mgr Caccia a souligné l'inquiétante escalade de la violence, qui "entraîne des niveaux déplorables de souffrance" pour les civils, et a rappelé que "la guerre est toujours une défaite" pour l'humanité car "elle entrave la vocation innée de la famille humaine à la fraternité".
Appel à la libération des otages
L'archevêque Gabriele Caccia a ensuite axé son intervention autour de trois points.
Tout d'abord, il a fait part de la "condamnation absolue et sans équivoque" par le Saint-Siège de l'attaque terroriste perpétrée par le Hamas et d'autres groupes armés le 7 octobre contre le peuple d'Israël.
"Comme l'a clairement indiqué le pape François, le terrorisme et l'extrémisme alimentent la haine, la violence et la vengeance, et ne font que causer des souffrances mutuelles", a-t-il déclaré, soulignant que "ces crimes témoignent d'un mépris total pour la vie humaine et sont injustifiables."
Mgr Caccia a donc relancé l'appel à la libération immédiate des 222 otages israéliens détenus à Gaza, que le pape François a lui-même réitéré mercredi lors de l'audience générale.
Jusqu'à présent, le Hamas n'a libéré que quatre captifs, dont une citoyenne américaine et sa fille ainsi que deux femmes âgées. L'émirat du Qatar (qui entretient des relations avec le Hamas tout en maintenant des liens de sécurité avec les États-Unis) joue un rôle diplomatique majeur dans les négociations en vue de la libération des otages
La responsabilité pénale du terrorisme ne peut jamais être attribuée à un peuple entier
Le deuxième point souligné par le diplomate est que la responsabilité pénale des actes terroristes "ne peut jamais être attribuée à une nation ou à un peuple entier".
"Le droit à la légitime défense dans tout conflit doit toujours être conforme au droit humanitaire international, y compris au principe de proportionnalité", a-t-il souligné.
Inquiétude face à la catastrophe humaine à Gaza
Enfin, Mgr Caccia a exprimé la "grave préoccupation du Saint-Siège devant la catastrophe humanitaire en cours à Gaza, qui a coûté la vie à des milliers de personnes et en a déplacé des centaines de milliers d'autres".
Le "siège total" imposé par Israël à la bande de Gaza "a causé des souffrances aveugles parmi la population", dont de nombreux enfants, en raison des pénuries de nourriture, d'eau, de carburant et de fournitures médicales.
Il a donc appelé à la "facilitation et à la poursuite des couloirs humanitaires", afin que l'aide puisse parvenir à l'ensemble de la population de Gaza.
L'audace est nécessaire pour renouveler l'engagement en faveur d'une paix juste
Le nonce apostolique a conclu son intervention en appelant l'État d'Israël et l'État de Palestine "à faire preuve d'audace pour renouveler leur engagement en faveur d'une paix fondée sur la justice et le respect des aspirations légitimes des deux parties".
À cet égard, il a réaffirmé que le "Saint-Siège reste convaincu que la solution des deux États offre encore l'espoir d'une telle paix".
"Face à l'escalade de la violence, il est impératif que les autorités de l'Etat d'Israël et de l'Etat de Palestine fassent preuve d'audace pour renouveler leur engagement en faveur d'une paix fondée sur la justice et le respect des aspirations légitimes des deux parties. Si la voie du dialogue semble aujourd'hui étroite, elle est la seule option viable pour mettre un terme durable au cycle de violence qui a englouti cette terre si chère aux chrétiens, aux juifs et aux musulmans".
Intervention de Gabriele Caccia devant le Conseil de sécurité.
Pour l'écouter en Français, cliquez sur le petit symbole
Texte : Lisa Zengarini pour Vatican News
Traduction : CathoBel

