Commentaire de l’évangile du 30e dimanche du Temps Ordinaire A : « Amour toujours »


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Commentaire de l’évangile du 30e dimanche du Temps Ordinaire A : « Amour toujours »
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

En ce dimanche, l'évangile parle de commandements... mais lequel est le plus important? Voyons ce qu'en dit notre commentateur du jour:

613 commandements à respecter selon la Torah! Mais quel est le plus grand?

Un pharisien intervient auprès de Jésus pour l’interroger à ce sujet. Ce docteur connaît bien la Loi et les Prophètes: c’est son boulot. Ce curieux veut quand même mettre Jésus à l’épreuve. Gare à lui, si la réponse n’est pas dans les cordes!

Et la réponse est simple, sobre et percutante: l’Amour de Dieu, l’Amour des autres.

Un amour total, désintéressé. Un amour qui se donne et qui fait grandir le sujet aimé.

Oui, je fais grandir Dieu quand je l’aime. Je fais grandir l’Amour. Je rajoute toujours du petit bois sur le feu qui brûle en nous.

J’aime Dieu comme un enfant aime son papa et il rend bien. D’ailleurs c’est sa seule et unique puissance: sa passion de Père.

Mais nous ne sommes pas des êtres éthérés, de purs esprits, nous sommes faits de la terre vivante, de l’humus, nous les… humains. C’est en faisant attention à notre semblable que nous pourrons commencer à aimer le divin qui nous crée. C’est en lui donnant à manger, en l’habillant, en le visitant sur son lit d’hôpital, dans sa cellule que nous accompliront notre mission.

Le livre de l’Exode se fait insistant: "Tu n’exploiteras pas l’immigré." "Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin." Ne prête pas de l’argent à un taux excessif; rends le manteau qu’on t’a donné en gage…

Il est bien entendu que ceci nous met en face de nos responsabilités aujourd’hui en 2023: regardons là ou ici, près de nous, des candidats à l’asile qui risquent leur vie ou ne connaissent pas le bonheur élémentaire chez eux à cause de la guerre, de la famine, du réchauffement climatique, du manque d’emploi. Comment les aimons-nous?

Les confinés au chômage, les sans-abri, les "bénéficiaires" du CPAS, ceux qui dorment dans les couloirs de la gare… Comment les aimons-nous?

Mon enfant qui rate toutes ses interros et fait les quatre cents coups, ma fille qui quitte son compagnon pour un autre laissant là deux enfants en bas âge, ma voisine qui n’arrête pas de fumer sur le balcon empestant mon appartement et celui-là qui a l’art de faire un barbecue quand je mets sécher mon linge au grand vent… Comment est-ce que je les aime?

N’apportons pas de réponses "clé sur porte"! Ce n’est pas possible. Nous sommes tous différents et l’ébauche de solutions se trouve dans les tréfonds de notre conscience éclairée par le message de Jésus.

Par l’eucharistie, nous rendons grâce pour cet Amour de Dieu.

Avec le "Notre Père", nous exprimons notre relation à ce papa aimant, ensuite nous échangeons chaleureusement la paix du Christ entre nous car nous formons une communion. La fraction du pain est le signe du partage qui nous réunit et en recevant l’hostie consacrée nous sommes unis comme jamais à Dieu et au prochain, prêts à porter la Bonne Nouvelle et à ensemencer notre monde.

Jacques DELCOURT,

Diacre permanent

Catégorie : L'actu

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