Commentaire de l’évangile du 28e dimanche du Temps Ordinaire A : « Les noces de Dieu… »


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Commentaire de l’évangile du 28e dimanche du Temps Ordinaire A : « Les noces de Dieu… »
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

Evoquer des noces nous plonge dans le projet de Dieu... Voyons ce qu'en dit notre commentateur du jour...

Dans une maison de repos, Germaine (nom d’emprunt) est résidente depuis quelques années déjà. Chaque dimanche, elle revêt ses plus beaux vêtements, se munit de son sac à main et se rend dans le hall d’entrée pour y attendre la venue de son fils. Les heures passent et personne ne vient. Vers 17h30, comme un véritable rituel douloureux, un membre du personnel l’invite à rejoindre sa chambre et il en va ainsi depuis des années. Immense déception qui succède à un espoir bien fragile, terrible douleur, profonde tristesse. Le cœur de cette maman, s’il est marqué par le grand âge, est encore riche d’amour. Son invitation est récurrente mais, malheureusement, jamais honorée!

Celle du roi de la parabole ne rencontre pas plus de succès. Le ton employé par Jésus résonne comme une accusation pour son auditoire composé de pharisiens et de grands prêtres. Car ce sont, bien entendu, les notables du royaume qui ont été conviés aux noces du fils du roi. Et, ceux-ci ont décliné.

Evoquer des noces nous plonge d’emblée dans le projet de Dieu à l’égard de l’humanité. L’alliance qu’il veut sceller, Jésus en est le principal acteur. Pleinement Dieu et pleinement homme, il unit à jamais la destinée de l’humanité à la sienne. Pharisiens et grands prêtres sont naturellement appelés à être les premiers témoins de ces noces. Pétris de la Loi et des Prophètes, ils sont plus que quiconque habilités à reconnaître, en Jésus, la réalisation de la promesse. Au lieu de cela, ils s’égarent, ils refusent comme les invités de la parabole qui préfèrent s’occuper des affaires du monde, de leurs propres intérêts, de sauver leurs privilèges plutôt que de s’unir à la joie du roi. Pourtant, des noces célèbrent toujours une histoire d’amour. Et l’alliance dans laquelle Dieu s’engage en est l’apogée. Dieu donne tout, Dieu se donne!

Parmi les personnages de la parabole, Jésus ne manque pas de mettre en avant le rôle des serviteurs. Ils sont envoyés au-delà du seul groupe des bien-pensants pour appeler largement, pour inviter tous et chacun à venir partager la joie du maître. Etonnamment, cette mission s’avère périlleuse: certains sont malmenés, d’autres tués. Il en a été de même, pour les prophètes, tout au long des temps bibliques. Dans l’histoire chrétienne, le sang des martyrs des premiers siècles jusqu’à aujourd’hui ne cesse d’ensemencer notre terre.

Beaucoup sont imperméables au joyeux message de l’Evangile qui nous convoque à entrer dans la relation d’amour proposée par Dieu. Souvent, ce sont les plus humbles, les laissés-pour-compte, les méprisés qui se laissent toucher par l’amour débordant de ce Dieu qui appellent tous et chacun à vivre de sa joie. Sans doute, aux portes du Royaume comme dans le hall de la maison de retraite, quelqu’un est peiné de voir ses enfants refuser son amour. Mais le Père ne se décourage jamais. Fidèlement, il envoie, aujourd’hui encore, ses serviteurs pour inviter à la joie. Serons-nous de ceux-ci?

Abbé Pascal ROGER

Catégorie : L'actu

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