Le président des Engagés tient à lever toute ambiguïté: son mouvement ne doit plus apparaître comme un "club de cathos" mais continue à se référer au personnalisme. Maxime Prévot espère ainsi fédérer plus largement. Au passage, il réaffirme son soutien aux corps intermédiaires et à l’enseignement libre.

Pleins feux sur Maxime Prévot, président des Engagés
Première diffusion: lundi 18 septembre sur 1RCF Belgique
En mars 2022, il frappe fort: bye bye le cdH, bonjour Les Engagés. Objectifs de l’opération: mettre un terme au déclin électoral de la formation centriste. Maxime Prévot entend mettre l’accent sur la dynamique participative et sur un projet de régénérescence. Au passage, la référence au personnalisme chrétien, fragile héritage du lointain Parti social-chrétien, est mise en sourdine.
A l’époque, le président insiste sur la rupture et la nouveauté. Aujourd’hui, il s’en explique: "Notre étiquette confessionnelle réduisait notre capacité à fédérer. Des gens nous rejoignent aujourd’hui en nous disant qu’ils ne l’auraient pas fait autrement." Mais il nuance aussi: "Ce n’était pas une mutation de reniement mais une mutation d’élargissement."
Qu’est-ce que cela veut dire exactement? Nous le lui avons demandé…
En mars 2022, vous avez déclaré: "Notre mouvement n’aura plus de référence au personnalisme chrétien". Etait-ce une dimension centrale de la transformation du parti?
C’était un aspect corollaire. Nous ne voulions pas renier quoi que ce soit. Je suis très fier de l’héritage de notre formation politique. En même temps, nous ne pouvons avancer en regardant uniquement dans le rétroviseur, ce serait le meilleur moyen de se prendre un mur. En l’occurrence, à plusieurs reprises, le cdH s’était pris un "mur électoral"… Il n’empêche que je me retrouve assez bien dans les inspirations personnalistes que Les Engagés portent. Il s’agit de mettre l’accent sur le rapport aux autres, dans le dialogue et le respect, de favoriser des êtres libres, responsables, créatifs et créateurs.
Le personnalisme continue à vous inspirer, mais plus le personnalisme chrétien. C’est cela?
En effet. On reste d’inspiration personnaliste car on considère qu’on doit œuvrer à mettre les gens debout, être dans une démarche de relation nourrie, bien loin de l’individualisme exacerbé porté par d’autres. Deux choses motivent le retrait du seul mot "chrétien" dans les statuts. La première, c’est le fait que si tout le monde était le bienvenu au cdH, on donnait tout de même l’impression de former un club de catholiques. Je considère que tout le monde doit être traité de manière équitable, quelles que soient ses convictions. Il me semblait donc normal qu’il n’y ait plus un référentiel premier.
La seconde raison?
Je crois fondamentalement que les convictions philosophiques et religieuses doivent être réservées à la seule sphère privée.
Propos recueillis par Vincent DELCORPS

