Commentaire de l’évangile du 22e dimanche du Temps Ordinaire A : « La (dé)marche salutaire »


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Commentaire de l’évangile du 22e dimanche du Temps Ordinaire A : « La (dé)marche salutaire »
Par Angèle Mamuza
Publié le
3 min

L'évangile d'aujourd'hui fait penser à la confession de Pierre que Jésus déclare "heureux"... mais... Voyons cela ensemble avec la suite:

Il est très sain de marcher: on en tire de grands bénéfices. Le bien-être de l’âme, son salut, dépend aussi de la marche "derrière" Jésus: marcher à sa suite rend saint. C’est une marche salutaire offerte à toute l’humanité, qui appelle cependant une réponse personnelle et libre: "Si quelqu’un veut…". Il suffit d’emboîter résolument le pas à Celui qui se présente comme "le Chemin" (Jn 14,6) dont on peut (hélas!) parfois s’éloigner en s’égarant; à l’instar de Pierre.

L’ouverture de l’évangile de ce dimanche rappelle la confession de Pierre. Lors de cet épisode (Mt 16,13-20), Jésus déclare Pierre "heureux" et lui confie "les clefs du Royaume des Cieux" tandis que dans la scène évangélique de ce jour, il le qualifie de "Satan". Comment l’apôtre "bienheureux" est-il subitement devenu "satané"? Jésus annonce à ses disciples son mystère pascal. Ce "programme" ne cadre visiblement pas avec l’idée qu’on se faisait alors du Messie. Et Pierre de s’insurger: "Dieu t’en garde, Seigneur!". Ce faisant, l’apôtre se dresse, telle une pierre d’achoppement, sur la route du Messie rédempteur. La réaction de Jésus ne se fait pas attendre: "Passe derrière moi, Satan", lui lance-t-il. Et pour cause, il y a une inadéquation entre les vues de l’apôtre et le plan de Dieu: "tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes". Ceci explique l’attitude véhémente de Jésus envers Pierre. Ce dernier s’égare à propos du Messie.

Est-ce à dire que l’apôtre rabroué est définitivement condamné? Certainement pas! A tous ses disciples (dont Pierre) et à quiconque veut participer au dessein de Dieu, le Maître indique la voie d’accès: "Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive." Le chemin est clairement tracé. Jésus l’a emprunté en premier. Il est lui-même ce chemin, le Chemin. Il s’agit de se mettre non au travers du chemin de Jésus, mais "derrière" lui, à sa suite. Les pensées humaines rejoindront celles de Dieu par la route de l’imitation du Christ-Jésus. Comme lui et par amour pour lui, il faut perdre sa vie pour la sauver.

Sauver sa vie ou son âme: tel est le but de la vie sur terre! Tout le reste est relatif: "Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paye de sa vie?" La valeur de la vie ici-bas consiste donc en sa "sauvegarde" pour l’éternité. Autant dire que l’évangile invite à un véritable bouleversement de regard par rapport au sens de la vie et lance un appel à une réelle transformation, tout comme saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche: "transformez-vous en renouvelant votre façon de penser" (Rm 12,2). Ce renouvellement, cette (dé)marche de conversion, ne sera possible qu’avec la grâce de Dieu. Il nous faut l’accueillir et la laisser agir en nous. Elle seule peut mettre la terre au diapason du ciel, faire correspondre les pensées humaines à celles de Dieu. Ainsi l’apôtre Pierre qui put confesser la vraie foi par l’action de la grâce: "Cette révélation t’est venue, non de la chair et du sang mais de mon Père qui est dans les cieux" (Mt 16,17). Cette expérience, cette (dé)marche salutaire est proposée à tous: "Si quelqu’un veut marcher derrière moi…".

Abbé Ionel ABABI

Catégorie : L'actu

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