Ce dimanche, une question se pose: mais quelle identité a donc Jésus? Pour y répondre, voici la réflexion de notre commentateur du jour...
Que Jésus soit un homme de Nazareth en Galilée ne fait pas difficulté dans l’histoire, ce qu’attestent des auteurs crédibles de son époque. Qu’il soit humble et juste comme Jean avec lequel il a vécu un certain temps et qui l’a baptisé dans l’eau du Jourdain est chose connue (Mt 14,2). Qu’il soit de la trempe d’Elie défendant l’honneur du Dieu unique, dont il révèle le royaume tout proche, est entendable. Qu’il soit de qualité prophétique autant que Jérémie est acceptable. Ils sont tous considérés comme 'envoyés de Dieu'. Mais peut-on aller plus loin? Définir quelqu’un avec qui l’on voyage, prie et partage la vie? Chacun n’est-il pas un mystère pour autrui? Pourtant, les actes et les paroles orientent l’approche de sa personnalité, de sa véritable identité. En effet, Jésus enseigne en donnant tout leur sens aux enseignements des prophètes (Mt 5,17; 9,13, 12,7// Os 6,6) et à la Loi de Moïse (Mt 7,12). Il accomplit ce que les prophètes ont annoncé (Mt 8,17// Is 53,4; Mt 12,17-21 //Is 42,1-4). Bien, plus il calme les tempêtes (Mt 8, 24-27) et libère des esprits mauvais, pardonnant les péchés (Mt 9,2-6).
Parlant de Dieu comme de 'mon Père qui est dans les cieux' (Mt 10,33; 16,17), le disciple Simon avait entendu parler de la question de l’identité de Jésus comme étant 'le messie qui doit venir' (Mt 11,3). De plus, parlant de lui-même comme étant 'le Fils de l’homme' (Mt 8,29; 9,6; 10,23; 11,19; 12,8), Jésus est pourtant appelé 'Fils de Dieu' par ceux qui le voient agir (Mt 3,17; 4,3.5; 8,28; 14,33). Proclamer que Jésus est à la fois 'le messie' et 'le fils du Dieu vivant' (Mt 16,16//Mc 8,29), c’est finalement ce à quoi parvient Simon lorsque Jésus l’interroge à Césarée de Philippe, dans un lieu proche des sources du Jourdain où justement Il fut déclaré 'Fils très aimé' par Dieu (Mt 3,17). Bonheur de Simon qui peut devenir le nôtre aujourd’hui! Jésus pratique alors la gratitude, comme dans le Psaume 137, et qualifie Simon de 'roc', de 'pierre' (Mt 16,18), suffisamment solide pour être fondation de sa communauté de disciples, son 'Eglise' durable. Cette proclamation messianique, divinement inspirée à Simon-Pierre va d’emblée être suivie d’une mission: être responsable du discernement de ce qui est conforme à l’enseignement et à la pratique de Jésus. Dès que nous croyons en Jésus 'messie' ou 'Christ', c’est-à-dire choisi par Dieu, bénéficiaire de l’onction royale et conduit par 'l’Esprit de Dieu' (Mt 4,1), alors nous devenons à notre tour ses disciples. Et nous sommes dépositaires de ce secret d’amour divin, pleinement admissible à partir du moment-clé du pardon reçu, lorsque Jésus donne sa vie sur la croix et surgit du tombeau, victorieux de la mort. Notre mission rejoint celle des 'mages' à la recherche du 'roi des juifs', en vue de l’adorer (Mt 2,2). Hérode le grand ne s’y était pas trompé (Mt 2,4.5). Puissions-nous laisser naître le Christ en nos cœurs et le proclamer à tous comme unique Sauveur.
Frère Christian EECKHOUT, o.p.
© Sistine Chapel, Vatican
