On connaissait frère Marc comme fondateur de la Fraternité de Tibériade. Mais probablement moins comme artiste-sculpteur. Son interprétation de saint Joseph portant l’Enfant-Jésus quittera bientôt sa petite maison de Neuville, pour un atelier à Gand avant de trouver place au sanctuaire de Beauraing.

Depuis qu'il a confié la direction de la Fraternité au frère Bart, frère Marc a pris l’habitude de vivre, en partie, dans une minuscule maison de Neuville. « C’est mon ermitage » confie-t-il. Durant de longues heures, il s'adonne à sa passion, le travail du bois. Car peu le savent, mais le religieux a étudié durant cinq ans à La Cambre, à Bruxelles.
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"J'ai prié pour que l'Esprit Saint guide mes doigts"
La commande du sanctuaire de Beauraing ne pouvait que ravir frère Marc, sensible à la vie, tout en discrétion, de saint Joseph. Il s’est alors lancé dans la réalisation d’une grande statue. Et il a souhaité que, comme un papa d’aujourd’hui, Joseph porte son enfant sur les épaules.
Pour ce projet, ce n'est pas le bois que frère Marc a travaillé, mais le plâtre. Et pour peaufiner sa technique, il s’est rendu à plusieurs reprises, en Allemagne, auprès d'un moine sculpteur.
Pour donner un visage au "plus beau des enfants des hommes", frère Marc a prié pour que "l’Esprit Saint guide mes doigts, qu’il me donne un coup de pouce !" Il a même téléphoné au sanctuaire de Beauraing pour qu’ils prient la Vierge Marie afin de l'aider à ce que "l’enfant Jésus devienne beau". Au terme d'un combat de plusieurs jours, le divin enfant avait enfin son visage.
"Le grand artiste, c'est Dieu créateur et lui Il nous a créés de rien". Ainsi, pour frère Marc, les hommes sont plutôt des artisans, "nous partons de ce qu'Il a créé pour faire quelque chose".
Et saint Joseph? Comment le religieux l'a-t-il imaginé ? L'artiste a voulu créer une statue contemporaine qui actualise la figure de saint Joseph.
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Ainsi, Joseph est représenté lors du retour à Nazareth, comme un "retour à l'intériorité", portant Jésus sur ses épaules. Des petites pyramides seront placées derrière lui pour figurer ce départ d'Egypte. Dans les plis de son vêtement, frère Marc a placé des épis de blés, en référence à un autre Joseph, celui de l'Ancien Testament "qui a nourri toutes les nations et même sa famille qui l'avait vendu".
Car Joseph le charpentier va nourrir le Christ qui va à son tour nourrir le monde par l'Eucharistie, poursuit encore frère Marc. "Je vais également lui mettre une ceinture en étoffe de carmélite en hommage à sainte Thérèse".

Une fois achevée, la statue sera acheminée vers un atelier spécialisé à Gand. Le coulage du bronze se fera selon une méthode mise au point par les Egyptiens.
Il faudra donc attendre mars 2024 pour voir la statue définitive de saint Joseph portant l’Enfant-Jésus au sanctuaire de Beauraing. « Notre-Dame de Beauraing sera heureuse de voir son cher époux pas loin d’elle. »
Frère Marc exposera bientôt ses autres œuvres
Si frère Marc est actuellement occupé à mettre la dernière touche à cette statue, on lui doit bien d’autres réalisations comme des représentations du Christ incrustées dans des morceaux de troncs d’arbres. Le religieux a aussi réalisé d’autres pièces dans des matériaux parfois surprenants comme le plexiglass.
Deux expositions seront par ailleurs prochainement organisées, l'une devrait se dérouler à Bruxelles et l'autre à Lavaux-Sainte-Anne.
S.D./C.B. (diocèse de Namur)
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