Quand le peintre de la joie offre un Arbre de Vie aux patients psychiatriques


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Quand le peintre de la joie offre un Arbre de Vie aux patients psychiatriques
Simulation de l'Arbre de Vie créé par Malel pour l'Institut de Psychiatrie Intégré de l'UCL St Luc-crédit : DR
Par Nancy Goethals
Publié le
6 min

A Ixelles, dans le cloître de l’abbaye, l’asbl les Grandes Heures de la Cambre expose une rétrospective des oeuvres de l’artiste Malel. Dans la foulée, elle mène une campagne de financement pour un projet hors-les-murs dans lequel s’investit avec générosité celui qu'on surnomme le peintre de la joie.

"L’abbaye ne veut pas devenir un centre d’art mais un centre de rayonnement et de dialogue vers ceux qui ont besoin de sens et d’espérance, aussi le projet de l’Arbre de Vie est né lors de la création de l’asbl les Grandes Heures de la Cambre" explique Patricia De Peuter-Vaerman, curatrice bénévole et l’une des chevilles ouvrières de la rétrospective. Chaque année, une exposition sera organisée avec un projet social en parallèle : une œuvre sera créée par l’artiste choisi et sera offerte à un hôpital ou une prison. "Malel a cette générosité et cette sensibilité d’agir dans la société" et il a répondu avec son enthousiasme et sa joie communicative à la demande de l'asbl.

Simulation de l'Arbre de Vie créé par Malel pour l'Institut de Psychiatrie Intégré de l'UCL St Luc-crédit : DR

Ainsi, un arbre de verre aux couleurs chatoyantes dressera sa ramure artistique, sur quatre mètres de haut et en trois dimensions, dans le jardin du futur Institut de psychiatrie Intégré des Cliniques Universitaires Saint-Luc. Sachant que la présence de son œuvre y prendra un sens bien particulier, l’artiste a pris le temps de rencontrer et écouter ceux qui vont la côtoyer et vivre avec elle : "Les professionnels m’ont transmis la passion de leur projet que j’ai transposée par le jeu des couleurs et des courbes, parfois avec des visages, sur l’arbre que j’ai peint."

️ Voir le reportage et l'interview de Malel : Le « peintre de la joie » à l’abbaye de la Cambre (vidéo)

De la joie à répandre

D‘autres arbres-frères existent déjà – mais en deux dimensions - en France et en Italie et créent du lien dans des lieux chargés de sens tels qu’un centre de soins palliatifs. Malel s’épanouit de plus en plus dans le développement de ces œuvres sculpturales en plein air et cela dans la plus grande joie de peindre pour une communauté.

Son créateur l’appelle l’Arbre du Bonheur mais, dans le cadre de ce projet, Patricia préfère le nommer l’Arbre de Vie car "en clinique, le bonheur ne s’impose pas à des malades", dit-elle. Ceci dit, c’est un bonheur que Malel – qui est extrêmement à l’écoute des besoins de la société – permette de réaliser ce magnifique projet. Patricia relève que, mû par la foi et l’action, dès qu’il s’agit d’aider, il est super motivé et ne recule devant rien.

Malel, le peintre de la joie_ crédit : DR

"La transmission de la vie par l’art est très importante"

Malel a donc longuement discuté avec les soignants et les patients des quatre unités de soins car, dit-il, "il était important pour moi que celles et ceux qui vivront avec l’Arbre de Vie y reconnaissent leur réalité." Il s'est renseigné sur les symboles qui les touchaient, sur ce qu’il ne pouvait pas montrer ou ce à quoi les malades tenaient particulièrement.

"Cette œuvre démontre l’écoute des besoins de la société. Il n’y a rien de plus beau qu’un arbre, qui symbolise l’ancrage avec la terre et la vie. C’est un symbole universel et de tous les temps", relève celle qui, avec une petite équipe dynamique a mis en place l'exposition et le projet de l'Arbre de Vie. Forte de son expérience dans l'art, la curatrice bénévole voit chez Malel la création de deux types d’œuvres : les unes très christiques et explicites et d’autres très implicites. "L’Arbre de Vie est un peu entre les deux ; il prend des symboles religieux de la foi mais sans les imposer."

"Cet arbre n’a pas vocation à être un bac à fleurs amélioré", insiste Patricia pour qui l’art joue un rôle dans la communication avec le patient et favorise le processus de rétablissement. "Son emplacement doit permettre le dialogue entre la nature, l’art et les personnes."

Posant devant "La Rencontre" - oeuvre-phare de Malel exposée à l'abbaye de la Cambre, l'équipe de bénévoles qui a mis en place l'exposition de Malel et le projet de l'Arbre de Vie-(c)Adrien Petit

L’art-bre permet d’exprimer son ressenti

Placé dans le jardin de l’Institut de psychiatrie, l’Arbre de Vie … sera pleinement vivant grâce aux jeux de lumière variant tout au long de la journée, à la pluie et à tous les évènements naturels qui pourront survenir.

"Beaucoup de patients de l’hôpital psychiatrique ont peur de quitter leur chambre" précise Patricia, "mais cet arbre les invitera à sortir de leur univers". L’œuvre devrait leur offrir un endroit calme, sûr et un point de contact avec la vie. "Une œuvre d’art offre quelque chose à chacun, selon son ressenti." Les patients pourront revenir le voir et en découvrir de nouvelles facettes, en fonction de leur propre vécu. Cet "art-bre" se veut aussi lieu de rencontre pour les malades, les visiteurs et les soignants.

Ainsi, l’attention portée à l'art comme partie intégrante des soins de santé devient un concept établi dans la philosophie de l'UCL. Avec des abstractions méditatives, cette sculpture en verre peint démontre ce que l’art peut apporter à la santé mentale et au processus de guérison en proposant de nouvelles connexions avec la vie.

L’art, un langage qui ouvre au dialogue

Rien qu’à Bruxelles, il y a 470 lieux dédiés à l’art (galeries, musées, etc). De ce fait, l'asbl les Grandes Heures de la Cambre n’a pas l’ambition de faire des expositions supplémentaires mais plutôt de communiquer avec la société. A travers l’art, elle veut donner un écho aux appels répétés du pape François d’aller vers les périphéries. Aussi, la communauté paroissiale de la Cambre se réjouit de sortir de ses murs, de créer des ponts et d’ouvrir le dialogue. D’autres projets qui vont dans ce sens sont d’ailleurs déjà dans les cartons.

Une campagne de financement pour créer l'Arbre de Vie

Si la conception de l’Arbre de Vie est offerte par l’artiste, sa création sur un matériel en verre résistant aux intempéries et aux aléas de la vie au grand air, ainsi que son installation, doivent être financées par des dons. L’objectif est de récolter 50.000€. Cette campagne de financement participatif a démarré dès l’ouverture de l’exposition, le 14 avril, et est initiée par l'église et l'Abbaye de la Cambre, en collaboration avec les visiteurs des cliniques universitaires de l'UCL.

Nancy Goethals

Grâce à la collaboration de la Fondation Roi Baudouin, les dons à partir de 40€ bénéficient de la déduction fiscale : pour permettre à l'Arbre de vie de s'épanouir dans les jardins du futur Institut de psychiatrie de st-Luc, cliquez sur le lien ou scannez le QR-code.

Catégorie : L'actu

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