L'évêque du diocèse de Tournai, Mgr Guy Harpigny, fête ses 75 ans ce 13 avril 2023. C'est l'âge auquel les évêques remettent traditionnellement leur charge au pape. L'occasion de revenir avec lui sur son parcours, marqué par 20 années d'épiscopat.

Pleins feux sur Mgr Harpigny, première diffusion: lundi 3 avril sur 1RCF Belgique
Doté d'une formation multidisciplinaire (philosophie, psychologie, théologie et la langue arabe) l'évêque porte un regard franc et lucide sur sa mission, son diocèse et sur la situation de l'Eglise en Belgique.
Réalisation et présentation: Manu Van Lier
Mgr Harpigny, quand vous observez ces vingt années d'épiscopat, quelles sont les réalisations les plus importantes à vos yeux?
Indéniablement le Synode diocésain (2011-2013) qui a permis à beaucoup de donner un avis. L'objectif était de prendre le pouls du diocèse. Ce synode n'était pas un éclair dans le ciel mais le prolongement d'un travail entamé dans les années 1990 sur la manière pour la Pastorale territoriale de s'adapter aux conditions nouvelles. En 2011, la réflexion s'inspirait de Lumen Gentium avec l'Eglise qui est dans le Christ, sacrement, c’est-à-dire signe et moyen de l'union personnelle avec Dieu et de l'unité du genre humain. Que représente la communauté chrétienne sur un territoire déterminé? Comment sommes-nous "signes" dans une région marquée par une grande pauvreté et une grande absence de Dieu dans la vie des citoyens? Nous devons essayer de faire en sorte que tout être humain puisse découvrir qu'il est aimé de Dieu. Mais dans l'attente de ce moment, il faut proposer quelque chose de positif et ne pas condamner ce qui se passe dans la société aujourd'hui. Qu'est-ce qui nous fait vivre et que nous désirons partager avec d'autres, pas seulement avec les catholiques? Les prêtres ne sont pas des aumôniers de catholiques. Ils sont là pour annoncer l'Evangile avec tout le monde. Pour moi c'est emballant car le résultat n'est pas de compter ceux qui adhèrent. Si on fait cela, on va encore pleurer pendant cinquante ans. Jésus ne se lamente pas sur les situations qu'il rencontre donc on doit essayer de voir, dans la société, ce qu'il y a comme sources et semences pour un vivre mieux. La question est de chercher Dieu qui est à l'œuvre partout, pas uniquement dans l'Eglise.

